Françoise Laborde sénatrice PRG, membre de l’Observatoire de la laïcité

Dans un souci d’apaisement il était devenu urgent de revoir l’encadrement des structures d’accueil de la petite enfance. La sénatrice PRG Françoise Laborde est membre de l’Observatoire de la laïcité aujourd’hui créée. Nous savons que son expertise sera précieuse.

Monique Boulestin

AFP Paris 6 avril 2013 -L’observatoire de la laïcité, crée en 2007 mais qui n’a jamais fonctionné jusqu’ici, a maintenant un président, Jean-Louis Bianco, ancien ministre et ancien Secrétaire général de l’Elysée, et quinze membres nommés, d’après des arrêtés publiés samedi  6 avril 2013 au Journal officiel. A la fin de son mandat, le président Jacques Chirac avait souhaité la création d’une telle instance chargée de veiller au respect de la laïcité dans les services publics. Mais son successeur, Nicolas Sarkozy, n’avait jamais donné suite. En décembre dernier, le président François Hollande avait annoncé qu’il donnerait vie à cet observatoire en 2013 en le dotant d’une mission supplémentaire: formuler des propositions sur la transmission de la morale laïque à l’école. Jeudi, un arrêté du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault l’avait renouvelé pour cinq ans. Parmi les membres de l’observatoire, quatre parlementaires: le député PS Jean Glavany, la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, la sénatrice PRG Françoise Laborde et le sénateur UMP François-Noël Buffet. Ensuite une dizaine de membres (philosophe, chercheurs, juriste….) sont désignés « en raison de leur compétence et de leur expérience », d’après le texte de l’arrêté. Cette instance renaît alors que les débats font rage sur la nécessité d’une nouvelle loi sur la laïcité, notamment pour étendre l’interdiction des signes religieux ostensibles aux établissements accueillant des petits enfants. Ces débats ont été relancés par une décision de la Cour de cassation, qui a invalidé le 19 mars le licenciement d’une employée voilée de la crèche Baby Loup, au motif que le principe de laïcité ne s’applique pas dans le secteur privé.

Source : Jean-Michel BAYLET

L’Observatoire de la laïcité, entre « camp laïque » et « gens de terrain »

Cet observatoire de la laïcité était une demande récurrente du PRG. Souhaitons qu’il apporte des réponses concrètes.

Monique BOULESTIN

L’Observatoire de la laïcité a été installé lundi 8 avril par le président de la République, qui en avait annoncé la création en décembre, sur la base d’un décret de 2007 resté lettre morte. Il en a confié la présidence à l’ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal, qui n’est pas un spécialiste de ces questions.

Outre les représentants des ministères concernés, l’Observatoire est composé de quatorze personnalités. Parmi eux, quatre parlementaires, deux UMP, un socialiste et une PRG, dont la plupart sont connus pour leur engagement sur les questions de laïcité. François-Noël Buffet, le sénateur UMP, maire d’Oullins (Rhône) fut rapporteur du projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public en 2010 ; Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle sera au sein de l’Observatoire la représentante des terres concordataires, où le financement public des cultes est autorisé et organisé. Un sujet de discorde à gauche, dont une partie plaide pour la sortie progressive de ce système dérogatoire, et qui avait provoqué un cafouillage lors de la campagne présidentielle.

Des conceptions différentes de la laïcité

A gauche, le socialiste Jean Glavany, spécialiste de la laïcité au PS et Françoise Laborde, sénatrice PRG, à l’origine d’une proposition de loi sur la neutralité religieuse pour les personnes gardant des enfants, représentent la frange partisane de l’application d’une stricte laïcité. Une approche aussi défendue par l’ancien grand maître du Grand Orient de France, Patrick Kessel, auteur d’un ouvrage récent, Ils ont volé la laïcité ! (éd. JCG, 2012), et président du Comité Laïcité République. Il y plaidait notamment pour l’inscription des deux premiers articles de la loi de 1905 dans la Constitution, projet annoncé puis abandonné par François Hollande, et pour une suppression progressive du concordat et de tout financement public des cultes. Une autre responsable politique socialiste, la maire de Bron (Rhône), Annie Guillemot, spécialiste de la politique de la Ville, rejoint aussi l’Observatoire.

Le conseiller d’Etat, Alain Christnacht, qui mit en place l’instance de dialogue entre l’Eglise catholique et le gouvernement pour Lionel Jospin en 2002, représente une tendance moins radicale de la conception laïque à gauche. Le Conseil d’Etat a régulièrement rendu des avis favorables à une laïcité ouverte, contestés par des personnalités comme M.Kessel.

Un rapport et une loi ?

Présent aussi dans ce nouvel Observatoire, le philosophe Abdennour Bidar ; venu de la mission laïcité du Haut conseil à l’intégration, qui se fond dans la nouvelle structure, il a pris des positions tranchées en faveur d’une stricte laïcité. Deux des trois personnalités chargées par le ministre de l’éducation nationale d’un rapport sur la morale laïque, Alain Bergounioux (historien du parti socialiste) et Laurence Loeffel, ont aussi été nommées, de même qu’une juriste, Soraya Amrani Meki, ou le poète guadeloupéen, Daniel Maximim.

 Armelle Carminati, directrice générale Diversité du cabinet de consulting Accenture, représente le monde de l’entreprise et pourra apporter sa connaissance des situations de terrain. Rose-Marie van Leberghe, inspectrice générale des affaires sociales a, elle, travaillé alternativement dans des entreprises privées et publiques, et notamment dans le secteur hospitalier. L’Observatoire ne comporte pas de représentants des cultes, qui devraient être « consultés » ponctuellement.

L’Observatoire réalisera un rapport annuel sur l’état de la laïcité en France et devrait travailler en priorité sur l’opportunité et les contours d’une nouvelle loi sur le port de signes religieux dans l’entreprise, suite à l’affaire de la crèche Baby Loup. Le premier ministre devrait réunir prochainement les différents groupes politiques pour parvenir à un « consensus » sur cette question. Parmi les membres de l’Observatoire, quatre (Jean Glavany, Abdennour Bidar, Patrick Kessel et Françoise Laborde) sont signataires de la pétition demandant une nouvelle loi afin de combler « un vide juridique ».

Stéphanie Le Bars

Source : http://religion.blog.lemonde.fr

Histoire du Parti Radical de Gauche

Un peu d’histoire permet de comprendre le présent et de construire l’avenir …

Monique BOULESTIN

 

L’histoire du PRG

Le Parti Radical de Gauche est à la fois le plus ancien parti politique français et l’un des plus jeunes. Fondé en 1973, il se rattache, par ses origines, son esprit et son nom, à une tradition qui remonte au milieu du XIXe siècle. Le radicalisme et les radicaux jouent en effet un rôle essentiel dans la vie politique française depuis près d’un siècle et demi.

LEDRU-ROLLIN (1807-1874)

Le premier homme politique à se revendiquer ouvertement du terme radical fut Ledru-Rollin. Député d’opposition sous la monarchie de juillet, révolutionnaire en 1848, exilé en Angleterre à partir de 1849, Ledru-Rollin ajouta un  » plus  » à la pensée de Condorcet : la démocratie n’étant pas pour lui une fin en soi, mais un moyen de promouvoir les réformes sociales. Pour lui, la question sociale, c’est à dire le paupérisme croissant des prolétaires des villes, à mesure que se développait la révolution industrielle, devait être affronté à bras le corps.

Il demandait :

- la nationalisation des mines et chemins de fer

- une réforme fiscale dans le sens d’une plus juste répartition de la charge de l’impôt

- l’instruction gratuite et obligatoire

- la liberté d’association

Une différence essentielle opposait cependant le radicalisme de Ledru-Rollin au communisme qui se développait alors, notamment autour d’Etienne Cabet : la question de la propriété.

Pour Ledru-Rollin, la propriété ne devait pas disparaître, mais s’étendre à tous. Il rêvait d’une société de petits propriétaires indépendants, rêve qui avait déjà été celui des sans-culottes de la révolution, et qui resta celui des radicaux jusque dans les années 50.

GAMBETTA (1838-1882)

Le véritable chef du radicalisme était alors Gambetta. Tribun magnifique, orateur chaleureux, Gambetta, à l’occasion des élections de 1869, fit connaître son Programme de Belleville. Ce dernier devait rapidement devenir mythique et la bible des radicaux pendant près de 50 ans. A côté des libertés fondamentales, Gambetta y demandait :

- l’école gratuite, laïque et obligatoire

- l’abolition des monopoles économiques

Affirmant que  » la forme l’emporte et résout le fond « , il accordait un rôle essentiel à la forme républicaine des institutions et au suffrage universel pour la réalisation des réformes sociales dont avaient tant besoin les classes laborieuses.

LE RADICALISME HEROÏQUE (1870-1970)

4 septembre 1970 : l’empereur ayant été vaincu et fait prisonnier à Sedan par les armées prussiennes, la République fut proclamée. Puis, ce fut la Commune de Paris au printemps 1871. Les radicaux étaient, globalement, dans le tiers parti, celui qui tenta d’arrêter la guerre civile, et que les Versaillais assimilèrent souvent aux communards. Aux lendemains de la Commune, la république était menacée, la droite monarchique, majoritaire à l’Assemblée Nationale, rêvant d’une restauration. Ce n’est qu’en 1879 que le danger fut repoussé. C’est alors que les républicains, jusqu’alors unis, se scindèrent en deux tendances : les opportunistes et les radicaux.

Opportunistes et Radicaux

CLEMENCEAU (1841-1929)

Les premiers, autour de Gambetta (devenu modéré) et de Jules Ferry (dont une fausse légende veut qu’il ait été radical), proposaient d’attendre le moment opportun -c’est à dire jamais disaient d’aucuns- pour réaliser le programme de Belleville. Pour les radicaux regroupés autour de Georges Clémenceau (1841-1929) et de Camille Pelletan (1846-1915), il fallait le réaliser sans attendre. Les opportunistes voyaient volontiers dans les radicaux une certaine démagogie. C’est pourtant sous la pression des radicaux que Jules Ferry réalisa sa grande œuvre, déjà demandée en son temps par Ledru-Rollin : l’école gratuite, laïque et obligatoire. Alors même que s’affrontaient opportunistes et radicaux, des nuances se faisaient jour parmi ces derniers. Certains étaient prêts à des compromis pour obtenir des portefeuilles ministériels (Floquet, Brisson), ce que refusaient les radicaux intransigeants, plus tard appelés radicaux-socialistes (Clémenceau, Pelletan). Cette dualité du radicalisme fut durable. C’est elle qui donna naissance à un radicalisme de droite et à un radicalisme de gauche.

Le solidarisme

Au tournant des XIXème et XXème siècles, les radicaux sentirent le besoin de préciser leur philosophie politique qui se revendiquait des grands principes républicains et de l’héritage révolutionnaire. C’est alors que fut formulée par Léon Bourgeois (1851-1927), puis développée par le sociologue Célestin Bourglé (1870-1940), la doctrine du solidarisme (le premier publia Solidarité en 1896, le second Solidarisme en 1913). L’idée de base est que l’homme est redevable à la société, sans laquelle il ne pourrait vivre. Certains, cependant, reçoivent davantage de la société qu’ils ne lui apportent, d’autres reçoivent moins qu’ils n’apportent. Il importe donc de rétablir l’équilibre du contrat social (Bourgeois préfère parler de « quasi-contrat ») en donnant aux créanciers et en faisant payer les débiteurs. Ce trouvait ainsi justifié tout l’arsenal de ce que l’on appellera bien plus tard l’Etat providence : impôts sur le revenu, retraites, assurances sociales, etc. A la lutte des classes marxistes, le solidarisme préfère opposer la solidarité entre les classes. Au total, le solidarisme se présente comme un refus du libéralisme et du collectivisme. « L’individu ne pouvant être sans l’espèce, l’espèce ne pouvant durer que par l’individu » (Léon Bourgeois). Le parti républicain, radical et radical-socialiste Au gré de l’affaire Dreyfus qui avait occasionné un réflexe de défense républicaine dans le pays, les radicaux allaient enfin accéder au pouvoir et s’identifier un temps à la république elle-même. Mais auparavant, il leur fallait s’organiser davantage. La naissance du parti républicain, radical et radical-socialiste en 1901, en une période où se constituaient les grandes formations politiques de masse, fut une opération d’unification des diverses tendances du radicalisme, même si la tendance de gauche semblait l’emporter. La déclaration de clôture lue par Camille Pelletan insistait à l’union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation de l’église et de l’Etat, et l’impôt sur le revenu. Ce n’est qu’en 1907, à Nancy, que le parti se dota d’un programme précis, nettement ancré à gauche. Ancrage à gauche que confirma le Congrès de Pau en 1913.

COMBES (1835-1921)

Un an après la constitution du parti radical, celui-ci remportait les élections législatives. Les années 1902-1905 allaient être les grandes heures du « bloc des gauches », unissant socialistes et radicaux autour de Jaurès, à la Chambre, et de Combes, à la tête du gouvernement. Le ministère Combes mena la lutte contre les congrégations religieuses, estimant que la destruction des chaînes intellectuelles étaient un préalable indispensable à la destruction des chaînes de travail. Cette période resta longtemps mythique pour les radicaux, qui y reconnaissent leur âge d’or. Les élections de 1906 furent un nouveau triomphe radical. Clémenceau accéda à la présidence du Conseil. Jusqu’en 1914, les radicaux furent quasiment de tous les gouvernements.

Radicaux de gauche, Radicaux de droite

Pourtant, leur programme ne fut que bien partiellement appliqué (virent cependant le jour les retraites ouvrières et l’impôt sur le revenu défendu par Joseph Caillaux (1863-1944)). C’est que l’anticléricalisme n’étant plus là pour les réunir, après la séparation de l’église et de l’etat (1905), radicaux de gauche et radicaux de droite s’opposèrent.

Radicaux de gauche

Pour les premiers, le radicalisme devait rester fidèle aux idéaux qui avaient fait sa grandeur, même si son électorat n’était plus ouvrier :  »les radicaux-socialistes sont un parti bourgeois qui a l’âme d’un parti du peuple ». Ferdinand Buisson.

Radicaux de droite

Pour ces derniers, l’action devait s’aligner sur la sociologie des classes moyennes (petits commerçants, petits artisans, professions libérales) qui constituait leur électorat, et il fallait rompre avec les socialistes. La contradiction entre l’idéal de gauche du radicalisme et sa sociologie parvint à son paroxysme dans l’entre-guerre, paralysant son activité gouvernementale. Le bilan du radicalisme de cette période – quant bien même on ait pu parler de république radicale – est singulier. C’est en ces temps d’indécision et d’affairisme (qu’on songe à l’affaire Stavisky) que s’est enflée une certaine réputation d’un radicalisme au centrisme à toute épreuve, expert en manœuvres tactiques pour se maintenir au pouvoir. On serait ingrat cependant d’oublier les belles et grandes heures du Cartel des gauches (1924-1926) et du Front populaire (1936-1938) – Front populaire dont le programme, à la vérité, n’était rien d’autre qu’un programme radical de gauche, même si le mérite en est trop souvent attribué aux seuls socialistes et communistes. Ces deux expériences furent de courte durée : l’une et l’autre étant venue buter sur les contradictions internes et le fameux  »mur d’argent ». Deux personnages dominèrent cette période, alternant à la tête du parti et dans les ministères : les deux Edouard, Herriot (1872-1957) et Daladier (1884-1970).

Les jeunes Turcs

A l’initiative de quelques jeunes gens brillants et impertinents, de 1927 à 1934, une tentative de modernisation de la pensée radicale, accordant un poids accru aux questions économiques : le mouvement jeune turc. Là encore, deux tendances s’y dessinaient, par delà les camaraderies de jeunes gens d’une même génération décidés à faire bouger les choses : une tendance gauche, nostalgique des traditions du XIXème siècle, autour de Pierre Mendès France, Pierre Cot et Jacques Kayser ; une tendance technocratique et centriste, autour d’Emile Roche ou de Jean Luchaire.

LE NEO-RADICALISME ET LES TENTATIVES DE RENOVATION RADICALE (1945-1994)

A la libération, en dépit du comportement héroïque de certains de ses membres tels Jean Moulin, le radicalisme était discrédité. L’opinion publique l’assimilait par trop au régime de la IIIème république finissante, qui n’avait pas su préparer la guerre. On voulait du renouveau. Pourtant, en quelques années, le radicalisme allait reprendre une place essentielle sur l’échiquier politique, participant à toutes les expériences politiques à partir de 1947.

Mais le radicalisme d’alors n’était plus celui de 1936. Il était dans la lignée du néo-radicalisme défini en 1938 par Dalladier, hostile à l’ancrage à gauche du parti. Libéralisme (« debout les libéraux ! » lanca René Mayer en 1949) et anti-communisme furent le nouveau credo radical, après que les tenants de l’aile gauche, sauf Mendès France, aient été exclus en 1946.

C’est justement Mendès France (1907-1983) qui devait essayer de ramener le radicalisme vers la gauche, dans une première tentative de rénovation. Après la chute de son gouvernement, le 5 février 1955 – gouvernement bientôt devenu mythique, du fait du courage et de la lucidité politique de son chef, tranchant les problèmes que l’on avait laissé pourrir – Pierre Mendès France prit la tête du parti radical le 4 mai 1955 (il était en réalité premier vice-président, Herriot occupant une assez peu radicale présidence… à vie !).

Le radicalisme connu alors un nouveau dynamisme. Une campagne d’adhésion fut lancée. Une école de cadres fut créée. Au vieux radicalisme rural du sud-ouest vint ainsi se superposer un radicalisme urbain, jeune, avec une certaine proportion de femmes et de catholiques de gauche. La greffe pourtant devait échouer.

Une partie des députés radicaux ne suivirent pas Mendès France dans son refus de la politique de guerre en Algérie de Guy Mollet. Pierre Mendès France démissionna de la tête du parti le 23 mai 1957. Une partie des radicaux déçus par le parti devaient contribuer, en 1964, derrière Charles Hernu, à la constitution de la Convention des Institutions Républicaines, étape essentielle dans le parcours de François Mitterrand vers l’Elysée.

Une seconde tentative de rénovation fut menée deux ans plus tard par Jean-Jacques Servan-Schreiber, secrétaire national du parti en 1969 (sous la présidence de Maurice Faure), puis président en octobre 1971.

En janvier 1970, Servan Schreiber rédigea avec Michel Albert un Manifeste radical. L’inspiration en était moderniste et optimiste (on était encore dans les années de croissance et de plein emploi). Comme au temps de Mendès France, les adhésions se multiplièrent. On vit coexister de vieux radicaux et de jeunes technocrates ou managers. On a pu parler du « mariage du cassoulet et de l’ordinateur ».

Le contexte institutionnel était alors très différent de celui qu’avait connu Pierre Mendès France. Au système multipolaire de la IVème république avait succédé le système bipolaire de la Ve. La voie de l’autonomie était très difficile pour un radicalisme situé au centre de l’échiquier politique. Refusant l’alliance communiste prôné par le PS de François Mitterrand, Jean-Jacques Servan Schreiber chercha l’alliance des centristes. Ce fut l’éclatement du parti en octobre 1972. Le MRG naquit en janvier 1973, présidé par Robert Fabre, et comprenant en son sein la plupart des parlementaires radicaux et des élus du sud-ouest. Le MRG devint la troisième composante de l’union de la gauche.

DU MRG A PARTI RADICAL DE GAUCHE

En 1977, le MRG s’opposa aux propositions communistes relatives à l’actualisation du programme commun. Il participa ainsi à la rupture de l’union de la gauche. En 1981, les radicaux de gauche présentèrent un candidat à la présidence de la République, Michel Crépeau, puis se rassemblèrent, au second tour, autour de la candidature de François Mitterrand. En mai 1981, Michel Crépeau entra au gouvernement de Pierre Mauroy, ainsi que François Abadie. Deux à trois ministres ou secrétaires d’Etat radicaux de gauche participèrent aux gouvernements successifs de la gauche de 1981 à 1995 : Michel Crépeau, Roger-Gérard Schwartzenberg, Jean-Michel Baylet, François Doubin, Emile Zuccarelli, tous anciens présidents du MRG. Ils contribuèrent à la mise en œuvre des grandes réformes qui firent entrer dans la réalité leurs idéaux d’humanisme et de solidarité.

PARTI RADICAL DE GAUCHE

En janvier 1996, les radicaux élisent Jean-Michel Baylet à la tête du parti.

Sous sa présidence, le Parti radical de gauche travaille à la constitution d’un pôle réformiste à côté du pôle socialiste, en regroupant tous ceux qui veulent œuvrer pour toujours plus de liberté, de justice et de solidarité.

Aujourd’hui, il existe un groupe parlementaire au Sénat, Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) et à  l’issue des élections présidentielles et législatives de 2012, le PRG forme, à l’Assemblée Nationale, le groupe parlementaire Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste (RDPP) .

Fort de 11 députés, 12 sénateurs, d’un président de région (Corse) et de deux présidents de Conseil général (Tarn-et-Garonne et Hautes-Pyrénées), le PRG entend incarner une gauche républicaine, moderne, intransigeante sur ses valeurs mais ouverte aux réalités nouvelles de l’économie et de la société.

Animé par une volonté permanente de dialogue et de consensus, le PRG défend des propositions qui l’ont souvent placé à l’avant-garde de la gauche.

En 2011, Jean-Michel Baylet se présente à la primaire citoyenne organisée par le Parti socialiste afin de faire candidature commune aux présidentielles.

Le PRG participe depuis le 21 juin 2012 au Gouvernement Jean-Marc Ayrault avec:

  • Sylvia Pinel

Ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme

  • Anne-Marie Escoffier

Ministre déléguée à la Décentralisation

 

La sécurisation de l’emploi

La sagesse des députés PRG par la voix de Thierry Braillard

Monique BOULESTIN

Les Radicaux votent ce texte sur la sécurisation de l’emploi tout en défendant les amendements qui ne le remettent pas en cause. Ce texte de compromis est le fruit d’un long travail des partenaires sociaux. Il arrive dans le droit fil de la construction historique de la démocratie sociale française depuis le conseil national de la résistance jusqu’à la grande conférence sociale voulue et proposée par François Hollande. Il ouvre des nouveaux droits aux salariés.

C’est un texte équilibré qui nous apparaît totalement adaptée à la situation sociale de notre pays.
Thierry Braillard
Sans titre

Batout, un conseiller pour Matignon mais un mystère pour les socialistes

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(Photo Publicis)

Le nouveau conseiller spécial de Jean-Marc Ayrault est présenté comme un ancien conseiller de François Hollande, ce qui fait grincer un paquet de dents socialistes.

Par LAURE BRETTON

Pour eux ça veut dire beaucoup. Que le nouveau conseiller spécial de Jean-Marc Ayrault, nommé vendredi soir à la faveur d’un gros lifting du cabinet du Premier ministre, soit présenté comme un ancien conseiller de François Hollande fait grincer un paquet de dents socialistes.

Jérôme Batout, 33 ans, a certes travaillé au siège du PS dans les années 2000 mais pas dans le cabinet du premier secrétaire devenu président de la République. Cabinet dirigé à l’époque par Stéphane Le Foll, aujourd’hui ministre de l’Agriculture, qui confirme que le trentenaire n’en était pas membre. Ce qui prive la droite d’une partie de son argumentaire, elle qui voyait dans ce remaniement une reprise en main de la com’ gouvernementale par l’Elysée. Rue de Solférino, Jérôme Batout a en revanche collaboré avec Jack Lang avant la primaire présidentielle de 2006, avant d’être nommé secrétaire général administratif adjoint du parti, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2009. Selon plusieurs dirigeants du PS, Il a ensuite très brièvement collaboré avec Ségolène Royal, après sa défaite face à Nicolas Sarkozy.

Venu des rangs de Publicis dont il conseillait le big boss Maurice Lévy jusqu’alors, économiste et philosophe de formation, Jérôme Batout est désormais en charge d’un giga-département pilotant la communication, la presse, la stratégie, les discours, les études d’opinion et les réseaux sociaux pour le compte du Premier ministre. Matignon a annoncé avant le week-end qu’il prendrait ses fonctions mercredi. Fin décembre, Publicis le nommait à la tête de son département Affaires publiques, vantant un parcours brillant et hors du commun, de la London School of Economics à un centre de chirurgie de guerre entre Afghanistan et Pakistan en passant par le PS.

Collaborateur régulier de la revue le Débat, le jeune conseiller y avait publié quelques semaines plus tôt dans ses colonnes un long article qui risque d’aggraver les tics de mâchoires socialistes. A ses yeux, François Hollande se «méprend» à vouloir jouer les présidents normaux, sa marque de fabrique certes écornée après onze mois d’Elysée. Extrait : «La normalité, qui donnait d’excellents résultats tactiques quand elle s’exprimait en mode de conquête de pouvoir contre un Président anormal, agit par ailleurs comme un puissant dissolvant des bases de l’exercice du pouvoir quand elle semble nier la dimension paranormale qu’emporte toute confrontation personnelle avec l’avenir d’une société. Ce qui marchait contre l’anormal conjoncturel de Sarkozy ne fonctionne pas contre le paranormal structurel de l’exercice du pouvoir».

Source : http://www.liberation.fr/

Matignon fait le ménage dans les organismes publics

Un premier pas vers le « choc de simplification » annoncé Jeudi par le Président de la République

Monique BOULESTIN

Le comité de modernisation de l’action publique réuni ce mardi matin à Matignon prévoit de limiter le recours aux agences, de rationnaliser les opérateurs de l’Etat et de supprimer une centaine de commissions administratives.

Jean-Marc Ayrault – AFP

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a présidé ce mardi matin le deuxième comité de modernisation de l’action publique (MAP), vaste chantier de réforme de l’Etat lancé en décembre dernier. Il en ressort une série de mesures visant à concrétiser le « choc de simplification » promis aux particuliers comme aux entreprises par François Hollande jeudi dernier.

Le relevé de décisions de Matignon comprend aussi un chapitre important sur « la rationalisation du paysage des agences et opérateurs de l’Etat », ces organismes publics (environ 600 opérateurs, un millier avec les agences) qui dépendent des ministères, mais qui a échappé en réalité à tout pilotage centralisé (ressources, dépenses d’investissements et de fonctionnement) ces dernières années. Bercy a déjà imposé dans le budget des règles d’économies aux opérateurs identiques à celles de leurs ministères de tutelle. Cette fois, Matignon annonce la publication dans les prochains jours d’une circulaire qui encadrera strictement la création de nouvelles agences : il faudra notamment des études préalables d’opportunité et d’impact. En outre, les quelque 200 agences de petite taille (moins de 50 agents) sont en train d’être « passées en revue » et, d’ici à juin, nombre d’entre elles seront « regroupées, réorganisées ou supprimées ».

101 commissions administratives consultatives supprimées

Même démarche avec les opérateurs, pour lesquels « la suppression ou le regroupements d’une quinzaine d’organismes sont d’ores et déjà envisagés » sous la houlette des ministères de tutelle. Exemples : les missions de l’agence nationale des services à la personne (ANSP) vont être réintégrées au sein de l’administration du ministère de l’Artisanat et du Commerce ; l’agence nationale pour la cohésion sociale va être rapprochée du secrétariat général du comité interministériel des villes ; une réorganisation de la direction de la jeunesse et de ses opérateurs (agence du service civique, institut national de la jeunesse) est engagée ; un centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) va être créé début 2014 pour regrouper 11 structures existantes (Développement durable et Logement), etc.

Enfin, un grand ménage est fait au sein des commissions administratives consultatives : 101 commissions (soit 15 % d’entre elles) sont supprimées, sachant qu’une autre vague suivra d’ici à l’été (pour atteindre 25 %). Beaucoup d’entre elles ne se réunissaient plus, étaient des survivances historiques ou doublonnaient avec d’autres organismes : commission des archives diplomatiques, conseil territorial de l’éducation, comité de suivi du dispositif de financement de l’économie française, comité de lutte contre la grippe, comité national de suivi du plan pour préserver l’efficacité des antibiotiques, observatoire de l’énergie, conseil économique de la défense, etc.

9 nouvelles politiques publiques ciblées

Certains avaient des intitulés pour le moins abscons ou très pointus : « comités consultatifs placés auprès des ministres responsables d’une grande catégorie de ressources », « commission consultative relative à la réception des betteraves dans les sucreries et distilleries », « commission nationale des résidences hôtelières à vocation sociale », « observatoire national des emplois, des activités et des formations des sapeurs-pompiers », « conseil supérieur d’orientation des politiques halieutique, aquacole et halio-alimentaire », « commission centrale relative aux bonifications et avantages de carrière des fonctionnaires ayant accompli des services de la résistance », « commission nationale des guides-conférenciers », « commission consultative défense-météorologie », etc.

Si ces mesures symboliques n’auront guère de rendement financier, il n’en va pas de même des grandes politiques publiques auditées dans le cadre de la MAP (allocations familiales, aides aux entreprises, formation professionnelles, etc.), qui doivent permettre de dégager plusieurs milliards d’euros d’économies pour certaines. Le comité de ce mardi matin a acté qu’outre les 40 audits annoncés en décembre (dont 27 sont déjà engagés), une nouvelle vague va être lancée : 9 nouvelles politiques publiques sont d’ores et déjà ciblées (d’autres suivront), à l’instar de la politique en faveur de la baisse des coûts de construction, l’optimisation des achats de maintenance des armées, l’articulation entre l’assurance-chômage et les régimes de solidarité ou encore l’implantation territoriale des organismes de recherche.

Source : http://www.lesechos.fr

François Hollande tient fermement la barre du vaisseau « France ».

C’était, hier soir, un discours de fermeté attendu par les radicaux de gauche

Monique BOULESTIN

 

Le Chef de l’Etat a tenu ce soir un courageux langage de vérité aux Français et il a montré sa détermination à redresser la France.

Au pouvoir depuis seulement 10 mois, le Président de la République a rappelé que ses priorités restent la croissance et l’emploi et qu’il est décidé à activer tous les leviers dont il dispose pour sortir le pays de la crise

Les Radicaux de gauche se félicitent du signal de confiance adressé aux chefs d’entreprises en soulignant les mesures importantes déjà adoptées pour la compétitivité et le pouvoir d’achat.

L’engagement du Président affirmant qu’il n’y aura pas d’autres augmentations d’impôts en 2014 est aussi une grande satisfaction, car comme il l’a dit « être dans l’austérité, c’est condamner l’Europe à l’explosion » et encourager la montée des mouvements populistes.

Jean-Michel BAYLET – Président du Parti radical de gauche.

Source : http://www.jeanmichelbaylet.fr

Baylet (PRG): le PS n’est «pas en ordre de bataille» et doit se ressaisir

Nous sommes tous « sur le même bateau ». A nous de faire preuve, collectivement, de courage et de détermination pour réussir

Monique Boulestin

 

md0.libe.com

Jean-Michel Baylet le 30 septembre 2012 à Paris (Photo Mehdi Fedouach. AFP)

Jean-Michel Baylet, sénateur et président du PRG, a assuré mercredi que son allié PS «n’est pas en ordre de bataille», et doit se ressaisir regrettant notamment un changement de pied sur la circonscription nationale unique pour les élections européennes.

Sur LCI, il a rappelé que les sénateurs radicaux de gauche avaient déposé une proposition de loi visant à restaurer pour le scrutin de 2014 cette circonscription unique, «votée par les socialistes au Sénat». Mais ces derniers «ont changé d’avis, pour des raisons qui leur appartiennent, et que je conteste».

«C’est un mauvais coup pour l’Europe, parce que les listes régionales, pour élire des députés européens, ça ne veut rien dire», a argumenté l’élu du Tarn-et-Garonne.

François Hollande «était favorable» à cette réforme, mais «il n’a pas pesé pour qu’il en soit autrement», a déploré M. Baylet.

Le système actuel des huit circonscriptions interrégionales «bloque les formations minoritaires» selon lui, et financer une campagne nationale «coûte moins cher que huit campagnes régionales», a argumenté M. Baylet au cours d’une conférence de presse à l’Assemblée, entouré de députés et de sénateurs radicaux. La proposition de loi, rejetée en commission à l’Assemblée, doit être débattue jeudi matin dans le cadre d’une journée réservée au groupe des radicaux de gauche.

Rapporteur du texte, le député radical de gauche Alain Tourret a dénoncé «une coalition de la peur»: «l’UDI a peur de Bayrou, peur de son rebond, le PS a peur de Mélenchon et d’être doublé sur sa gauche, l’UMP a peur de Marine Le Pen», a-t-il dit.

François Hollande, «a-t-il d’ailleurs les moyens d’imposer au législatif ses manières de voir ?», a demandé M. Baylet jugeant que le groupe des députés socialistes «est turbulent». «Les élus de la majorité devraient faire preuve d’un peu plus de responsabilité», a-t-il demandé, en ciblant le député parisien Pascal Cherki qui a exhorté le chef de l’Etat à ne pas se conduire «en conseiller général».

Pour M. Baylet, au PS certains «n’ont pas les épaules assez solides pour supporter les difficultés».

Or, «il faut garder la tête froide, et surtout être solidaire du gouvernement, du président de la République, de cette majorité. Il y en a trop qui me donnent l’impression de préférer être dans l’opposition parce que c’est plus facile».

«Le Parti Socialiste n’est pas en ordre de bataille, c’est clair», a tranché le sénateur. «Il faut qu’Harlem Désir mette ses troupes en ordre de bataille, et que les élus socialistes comprennent que nous sommes sur le même bateau». Faut-il changer de premier secrétaire ? «Il appartient aux socialistes de choisir leurs dirigeants. Mais il faut quand même que le PS se ressaisisse», avertit M. Baylet.

 Source : AFP – Libération.fr

CRECHE BABY LOUP : LA BALLE EST DANS LE CAMP DU LEGISLATEUR

Communiqué de presse.

 

CRECHE BABY LOUP : LA BALLE EST DANS LE CAMP DU LEGISLATEUR

« La balle est plus que jamais dans le camp, du législateur », c’est ce que déclare Françoise Laborde, Sénatrice PRG, en réaction à l’Arrêt n°536 de la chambre sociale de la Cour de Cassation, rendu le 19 mars et annulant le licenciement par la crèche Baby-Loup, d’une salariée refusant d’ôter son voile contrairement aux dispositions prévues dans le règlement intérieur de cet établissement.

« Pour faire barrage à toute forme de communautarisme politique, philosophique ou religieux, dans le cadre des relations du travail, il faut légiférer, comme je l’ai proposé pour le secteur de la petite enfance avec ma proposition de loi visant à rendre obligatoire le principe de neutralité dans ce secteur d’activité ». Ce texte, voté le 17 janvier 2012 par le Sénat, a été déposé à l’Assemblée nationale le 16 janvier dernier par les radicaux de gauche qui demandent son vote de toute urgence, pour combler le vide juridique qui a conduit à cet arrêt consternant.

Par cette décision sur le fonds, la Cour de cassation a ouvert la boîte de Pandore et livré la laïcité en pâture à ses détracteurs. Elle démontre l’urgente nécessité d’inscrire la loi de 1905 dans la constitution, comme s’y était engagé le candidat Hollande et comme Françoise Laborde l’a rappelé au Sénat, lors des questions d’actualité du jeudi 14 mars. La sénatrice redoute que les litiges liés à l’expression religieuse sur le lieu de travail se multiplient dans les entreprises.

Dès aujourd’hui, elle saisit les présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale, ainsi que les députés, afin qu’ils demandent l’examen de toute urgence de sa proposition de loi. Mme Najat Vallaud-Belkacem porte-parole du gouvernement a redonné l’espoir en affirmant que le gouvernement envisage de légiférer.

La proposition de loi de Me Laborde est prête à être votée.

Il y a urgence !

le 20 mars 2013