Une campagne qui s’appuie sur le passé et regarde vers l’avenir.

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La sécurisation de l’emploi

La sagesse des députés PRG par la voix de Thierry Braillard

Monique BOULESTIN

Les Radicaux votent ce texte sur la sécurisation de l’emploi tout en défendant les amendements qui ne le remettent pas en cause. Ce texte de compromis est le fruit d’un long travail des partenaires sociaux. Il arrive dans le droit fil de la construction historique de la démocratie sociale française depuis le conseil national de la résistance jusqu’à la grande conférence sociale voulue et proposée par François Hollande. Il ouvre des nouveaux droits aux salariés.

C’est un texte équilibré qui nous apparaît totalement adaptée à la situation sociale de notre pays.
Thierry Braillard
Sans titre

Batout, un conseiller pour Matignon mais un mystère pour les socialistes

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(Photo Publicis)

Le nouveau conseiller spécial de Jean-Marc Ayrault est présenté comme un ancien conseiller de François Hollande, ce qui fait grincer un paquet de dents socialistes.

Par LAURE BRETTON

Pour eux ça veut dire beaucoup. Que le nouveau conseiller spécial de Jean-Marc Ayrault, nommé vendredi soir à la faveur d’un gros lifting du cabinet du Premier ministre, soit présenté comme un ancien conseiller de François Hollande fait grincer un paquet de dents socialistes.

Jérôme Batout, 33 ans, a certes travaillé au siège du PS dans les années 2000 mais pas dans le cabinet du premier secrétaire devenu président de la République. Cabinet dirigé à l’époque par Stéphane Le Foll, aujourd’hui ministre de l’Agriculture, qui confirme que le trentenaire n’en était pas membre. Ce qui prive la droite d’une partie de son argumentaire, elle qui voyait dans ce remaniement une reprise en main de la com’ gouvernementale par l’Elysée. Rue de Solférino, Jérôme Batout a en revanche collaboré avec Jack Lang avant la primaire présidentielle de 2006, avant d’être nommé secrétaire général administratif adjoint du parti, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2009. Selon plusieurs dirigeants du PS, Il a ensuite très brièvement collaboré avec Ségolène Royal, après sa défaite face à Nicolas Sarkozy.

Venu des rangs de Publicis dont il conseillait le big boss Maurice Lévy jusqu’alors, économiste et philosophe de formation, Jérôme Batout est désormais en charge d’un giga-département pilotant la communication, la presse, la stratégie, les discours, les études d’opinion et les réseaux sociaux pour le compte du Premier ministre. Matignon a annoncé avant le week-end qu’il prendrait ses fonctions mercredi. Fin décembre, Publicis le nommait à la tête de son département Affaires publiques, vantant un parcours brillant et hors du commun, de la London School of Economics à un centre de chirurgie de guerre entre Afghanistan et Pakistan en passant par le PS.

Collaborateur régulier de la revue le Débat, le jeune conseiller y avait publié quelques semaines plus tôt dans ses colonnes un long article qui risque d’aggraver les tics de mâchoires socialistes. A ses yeux, François Hollande se «méprend» à vouloir jouer les présidents normaux, sa marque de fabrique certes écornée après onze mois d’Elysée. Extrait : «La normalité, qui donnait d’excellents résultats tactiques quand elle s’exprimait en mode de conquête de pouvoir contre un Président anormal, agit par ailleurs comme un puissant dissolvant des bases de l’exercice du pouvoir quand elle semble nier la dimension paranormale qu’emporte toute confrontation personnelle avec l’avenir d’une société. Ce qui marchait contre l’anormal conjoncturel de Sarkozy ne fonctionne pas contre le paranormal structurel de l’exercice du pouvoir».

Source : http://www.liberation.fr/

Matignon fait le ménage dans les organismes publics

Un premier pas vers le « choc de simplification » annoncé Jeudi par le Président de la République

Monique BOULESTIN

Le comité de modernisation de l’action publique réuni ce mardi matin à Matignon prévoit de limiter le recours aux agences, de rationnaliser les opérateurs de l’Etat et de supprimer une centaine de commissions administratives.

Jean-Marc Ayrault – AFP

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a présidé ce mardi matin le deuxième comité de modernisation de l’action publique (MAP), vaste chantier de réforme de l’Etat lancé en décembre dernier. Il en ressort une série de mesures visant à concrétiser le « choc de simplification » promis aux particuliers comme aux entreprises par François Hollande jeudi dernier.

Le relevé de décisions de Matignon comprend aussi un chapitre important sur « la rationalisation du paysage des agences et opérateurs de l’Etat », ces organismes publics (environ 600 opérateurs, un millier avec les agences) qui dépendent des ministères, mais qui a échappé en réalité à tout pilotage centralisé (ressources, dépenses d’investissements et de fonctionnement) ces dernières années. Bercy a déjà imposé dans le budget des règles d’économies aux opérateurs identiques à celles de leurs ministères de tutelle. Cette fois, Matignon annonce la publication dans les prochains jours d’une circulaire qui encadrera strictement la création de nouvelles agences : il faudra notamment des études préalables d’opportunité et d’impact. En outre, les quelque 200 agences de petite taille (moins de 50 agents) sont en train d’être « passées en revue » et, d’ici à juin, nombre d’entre elles seront « regroupées, réorganisées ou supprimées ».

101 commissions administratives consultatives supprimées

Même démarche avec les opérateurs, pour lesquels « la suppression ou le regroupements d’une quinzaine d’organismes sont d’ores et déjà envisagés » sous la houlette des ministères de tutelle. Exemples : les missions de l’agence nationale des services à la personne (ANSP) vont être réintégrées au sein de l’administration du ministère de l’Artisanat et du Commerce ; l’agence nationale pour la cohésion sociale va être rapprochée du secrétariat général du comité interministériel des villes ; une réorganisation de la direction de la jeunesse et de ses opérateurs (agence du service civique, institut national de la jeunesse) est engagée ; un centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) va être créé début 2014 pour regrouper 11 structures existantes (Développement durable et Logement), etc.

Enfin, un grand ménage est fait au sein des commissions administratives consultatives : 101 commissions (soit 15 % d’entre elles) sont supprimées, sachant qu’une autre vague suivra d’ici à l’été (pour atteindre 25 %). Beaucoup d’entre elles ne se réunissaient plus, étaient des survivances historiques ou doublonnaient avec d’autres organismes : commission des archives diplomatiques, conseil territorial de l’éducation, comité de suivi du dispositif de financement de l’économie française, comité de lutte contre la grippe, comité national de suivi du plan pour préserver l’efficacité des antibiotiques, observatoire de l’énergie, conseil économique de la défense, etc.

9 nouvelles politiques publiques ciblées

Certains avaient des intitulés pour le moins abscons ou très pointus : « comités consultatifs placés auprès des ministres responsables d’une grande catégorie de ressources », « commission consultative relative à la réception des betteraves dans les sucreries et distilleries », « commission nationale des résidences hôtelières à vocation sociale », « observatoire national des emplois, des activités et des formations des sapeurs-pompiers », « conseil supérieur d’orientation des politiques halieutique, aquacole et halio-alimentaire », « commission centrale relative aux bonifications et avantages de carrière des fonctionnaires ayant accompli des services de la résistance », « commission nationale des guides-conférenciers », « commission consultative défense-météorologie », etc.

Si ces mesures symboliques n’auront guère de rendement financier, il n’en va pas de même des grandes politiques publiques auditées dans le cadre de la MAP (allocations familiales, aides aux entreprises, formation professionnelles, etc.), qui doivent permettre de dégager plusieurs milliards d’euros d’économies pour certaines. Le comité de ce mardi matin a acté qu’outre les 40 audits annoncés en décembre (dont 27 sont déjà engagés), une nouvelle vague va être lancée : 9 nouvelles politiques publiques sont d’ores et déjà ciblées (d’autres suivront), à l’instar de la politique en faveur de la baisse des coûts de construction, l’optimisation des achats de maintenance des armées, l’articulation entre l’assurance-chômage et les régimes de solidarité ou encore l’implantation territoriale des organismes de recherche.

Source : http://www.lesechos.fr

François Hollande tient fermement la barre du vaisseau « France ».

C’était, hier soir, un discours de fermeté attendu par les radicaux de gauche

Monique BOULESTIN

 

Le Chef de l’Etat a tenu ce soir un courageux langage de vérité aux Français et il a montré sa détermination à redresser la France.

Au pouvoir depuis seulement 10 mois, le Président de la République a rappelé que ses priorités restent la croissance et l’emploi et qu’il est décidé à activer tous les leviers dont il dispose pour sortir le pays de la crise

Les Radicaux de gauche se félicitent du signal de confiance adressé aux chefs d’entreprises en soulignant les mesures importantes déjà adoptées pour la compétitivité et le pouvoir d’achat.

L’engagement du Président affirmant qu’il n’y aura pas d’autres augmentations d’impôts en 2014 est aussi une grande satisfaction, car comme il l’a dit « être dans l’austérité, c’est condamner l’Europe à l’explosion » et encourager la montée des mouvements populistes.

Jean-Michel BAYLET – Président du Parti radical de gauche.

Source : http://www.jeanmichelbaylet.fr

Baylet (PRG): le PS n’est «pas en ordre de bataille» et doit se ressaisir

Nous sommes tous « sur le même bateau ». A nous de faire preuve, collectivement, de courage et de détermination pour réussir

Monique Boulestin

 

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Jean-Michel Baylet le 30 septembre 2012 à Paris (Photo Mehdi Fedouach. AFP)

Jean-Michel Baylet, sénateur et président du PRG, a assuré mercredi que son allié PS «n’est pas en ordre de bataille», et doit se ressaisir regrettant notamment un changement de pied sur la circonscription nationale unique pour les élections européennes.

Sur LCI, il a rappelé que les sénateurs radicaux de gauche avaient déposé une proposition de loi visant à restaurer pour le scrutin de 2014 cette circonscription unique, «votée par les socialistes au Sénat». Mais ces derniers «ont changé d’avis, pour des raisons qui leur appartiennent, et que je conteste».

«C’est un mauvais coup pour l’Europe, parce que les listes régionales, pour élire des députés européens, ça ne veut rien dire», a argumenté l’élu du Tarn-et-Garonne.

François Hollande «était favorable» à cette réforme, mais «il n’a pas pesé pour qu’il en soit autrement», a déploré M. Baylet.

Le système actuel des huit circonscriptions interrégionales «bloque les formations minoritaires» selon lui, et financer une campagne nationale «coûte moins cher que huit campagnes régionales», a argumenté M. Baylet au cours d’une conférence de presse à l’Assemblée, entouré de députés et de sénateurs radicaux. La proposition de loi, rejetée en commission à l’Assemblée, doit être débattue jeudi matin dans le cadre d’une journée réservée au groupe des radicaux de gauche.

Rapporteur du texte, le député radical de gauche Alain Tourret a dénoncé «une coalition de la peur»: «l’UDI a peur de Bayrou, peur de son rebond, le PS a peur de Mélenchon et d’être doublé sur sa gauche, l’UMP a peur de Marine Le Pen», a-t-il dit.

François Hollande, «a-t-il d’ailleurs les moyens d’imposer au législatif ses manières de voir ?», a demandé M. Baylet jugeant que le groupe des députés socialistes «est turbulent». «Les élus de la majorité devraient faire preuve d’un peu plus de responsabilité», a-t-il demandé, en ciblant le député parisien Pascal Cherki qui a exhorté le chef de l’Etat à ne pas se conduire «en conseiller général».

Pour M. Baylet, au PS certains «n’ont pas les épaules assez solides pour supporter les difficultés».

Or, «il faut garder la tête froide, et surtout être solidaire du gouvernement, du président de la République, de cette majorité. Il y en a trop qui me donnent l’impression de préférer être dans l’opposition parce que c’est plus facile».

«Le Parti Socialiste n’est pas en ordre de bataille, c’est clair», a tranché le sénateur. «Il faut qu’Harlem Désir mette ses troupes en ordre de bataille, et que les élus socialistes comprennent que nous sommes sur le même bateau». Faut-il changer de premier secrétaire ? «Il appartient aux socialistes de choisir leurs dirigeants. Mais il faut quand même que le PS se ressaisisse», avertit M. Baylet.

 Source : AFP – Libération.fr

CRECHE BABY LOUP : LA BALLE EST DANS LE CAMP DU LEGISLATEUR

Communiqué de presse.

 

CRECHE BABY LOUP : LA BALLE EST DANS LE CAMP DU LEGISLATEUR

« La balle est plus que jamais dans le camp, du législateur », c’est ce que déclare Françoise Laborde, Sénatrice PRG, en réaction à l’Arrêt n°536 de la chambre sociale de la Cour de Cassation, rendu le 19 mars et annulant le licenciement par la crèche Baby-Loup, d’une salariée refusant d’ôter son voile contrairement aux dispositions prévues dans le règlement intérieur de cet établissement.

« Pour faire barrage à toute forme de communautarisme politique, philosophique ou religieux, dans le cadre des relations du travail, il faut légiférer, comme je l’ai proposé pour le secteur de la petite enfance avec ma proposition de loi visant à rendre obligatoire le principe de neutralité dans ce secteur d’activité ». Ce texte, voté le 17 janvier 2012 par le Sénat, a été déposé à l’Assemblée nationale le 16 janvier dernier par les radicaux de gauche qui demandent son vote de toute urgence, pour combler le vide juridique qui a conduit à cet arrêt consternant.

Par cette décision sur le fonds, la Cour de cassation a ouvert la boîte de Pandore et livré la laïcité en pâture à ses détracteurs. Elle démontre l’urgente nécessité d’inscrire la loi de 1905 dans la constitution, comme s’y était engagé le candidat Hollande et comme Françoise Laborde l’a rappelé au Sénat, lors des questions d’actualité du jeudi 14 mars. La sénatrice redoute que les litiges liés à l’expression religieuse sur le lieu de travail se multiplient dans les entreprises.

Dès aujourd’hui, elle saisit les présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale, ainsi que les députés, afin qu’ils demandent l’examen de toute urgence de sa proposition de loi. Mme Najat Vallaud-Belkacem porte-parole du gouvernement a redonné l’espoir en affirmant que le gouvernement envisage de légiférer.

La proposition de loi de Me Laborde est prête à être votée.

Il y a urgence !

le 20 mars 2013

Elections locales

Par la voix du sénateur Jacques Mézard, le PRG s’est interrogé le Mercredi 13 mars 2013, dans un esprit constructif, sur le bien-fondé du texte relatif à l’élection des conseillers départementaux et municipaux et des conseillers communautaires.

Examiné à l’Assemblée Nationale, le texte prévoit , d’abord, un système de binôme pour l’élection des conseillers départementaux .

Ce système est considéré dans nos départements qualifiés de « ruraux » comme un facteur supplémentaire de déséquilibre territorial, de fracture territoriale à l’intérieur même de nos départements.

En effet, la création d’immenses cantons ruraux regroupant un nombre considérable de communes, avec la disparition de nombreux chefs-lieux de cantons,  inquiète nos concitoyens  qui vivent, par ailleurs , à la fois l’abandon depuis plusieurs années d’une véritable  politique d’aménagement du territoire et l’ajout de nouveaux « handicaps » dont les « déserts de santé ».

Est-ce la fin programmée des départements? Est-ce une recomposition?…

De plus, il ne paraît pas raisonnable d’en rester à la règle du plus ou moins 20% pour la création de nouveaux cantons : ce système de dérogation particulière en fonction des zones de montagne ou littorale, serait jugée purement arbitraire, injuste et source de multiples contentieux.

Oui, il faut retenir la règle du plus ou moins 30%, proposée par le Sénat en première lecture, qui seule évitera la création de cantons gigantesques sans aucune cohérence et ne permettant plus, de surcroît, une représentation efficace et juste des départements concernés.

Oui, un conseiller départemental doit avoir une vision globale de l’action à mener dans son département mais cette action globale ne peut ni ne doit abandonner les cantons les moins peuplés, où les handicaps géographiques sont les plus lourds.

Pour ce qui concerne, ensuite, l’élection des conseillers municipaux et communautaires, il est indispensable que le seuil d’application du scrutin de liste reste à 1000 habitants. Descendre , comme le souhaitent les députés de la majorité PS à l’Assemblée Nationale, à 500 habitants aurait des inconvénients majeurs dans la constitution des listes. En effet, quel est l’intérêt de diminuer le nombre de conseillers municipaux, élus bénévoles, profondément attachés à leurs communes et acteurs de liens sociaux indispensables?

Par ailleurs, la représentation des maires des petites communes dans les intercommunalités, justifie de ne pas diminuer le nombre de conseillers municipaux : les maires seuls dans leurs communes seraient alors surchargés de travail …

 Enfin, l’élection des délégués communautaires justifie à elle seule la plus grande liberté et la plus grande simplicité dans le nouveau dispositif.

 

                                                                                                          Monique Boulestin

 

Révision constitutionnelle et laïcité

Chers Amis radicaux,

Voici le texte du communiqué de presse diffusé suite à la dernière intervention de Françoise Laborde, au Sénat :

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, Françoise Laborde Sénatrice PRG de la Haute-Garonne a interpelé Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, au nom des membres du groupe RDSE, sur les 4 projets de loi de révision constitutionnelle présentés hier en Conseil des ministres.

Elle a regretté qu’aucun d’entre eux ne prévoie l’inscription de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, dans la Constitution. En effet, l’engagement n°46 du candidat soutenu, il y a un an, par le Parti socialiste et le Parti radical de gauche, était d’« inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l’article 1er, un deuxième alinéa ainsi rédigé :

« La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Eglises et de l’Etat, conformément au titre 1er de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle ».

Elle en appelle au gouvernement pour que cet engagement soit tenu. La récente décision du Conseil constitutionnel rappelant que la laïcité avait une valeur constitutionnelle, sauf dans les trois départements du Concordat, ne doit pas le faire reculer. « Le moment est venu de mettre fin à cette exception concordataire héritée de l’Histoire. » a-t-elle ajouté avant de conclure :

« Madame la Garde des Sceaux, vous savez l’importance et le rôle du principe universel de laïcité dans l’émancipation des hommes et des femmes. Vous savez aussi combien la laïcité est une valeur républicaine fragile. Et vous n’ignorez pas non plus les tentatives de dévoiement, et les menaces dont elle fait l’objet de la part des extrêmes. Oui, la laïcité mérite toute notre attention, elle mérite notre protection ! Les radicaux de gauche attendent un signal fort, une « fumée blanche » qui tarde à venir ! »

Les mises en garde de Gérard Collomb à François Hollande

C’est une vision politique claire et …assumée par Gérard Collomb

Monique BOULESTIN

 

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Sur la longue table en verre fumé autour de laquelle il reçoit dans son bureau de l’hôtel de ville de Lyon, Gérard Collomb a posé un unique ouvrage à la couverture rouge pétant sur laquelle est écrit en lettres blanches Et si la France s’éveillait… (éditions Plon). L’élu socialiste a publié ce livre en mars 2011, un peu plus d’un an avant la présidentielle qui a vu la victoire de François Hollande.

Régulièrement au cours de l’entretien, dans cette grande salle couverte de boiseries sombres et tendue de soieries lyonnaises, il feuillettera le livre en s’exclamant, lui qui est si peu apte aux effusions : « Mais il y avait tout dedans ! » Tout ? Le maire de Lyon défend le socialisme de l’offre, les réformes de structure, l’adaptation à la mondialisation : « Pas par une vision idéalisée de l’entreprise, assure-t-il, mais parce que si on ne stimule pas le goût de l’innovation, on ne s’en sortira pas. »

« UN MINIMUM D’EMPATHIE POUR LES ENTREPRISES »

Au moment où le président de la République, en grande difficulté dans les sondages, a entrepris des déplacements de deux jours en province, comme ce lundi 11 et mardi 12 mars à Dijon, l’édile lance cet avertissement : « On ne relancera pas l’économie sans un minimum d’empathie pour les entreprises. » Depuis neuf mois, il observe François Hollande s’emparer des problèmes de compétitivité « à la façon hollandaise », c’est-à-dire trop prudemment à ses yeux.

« On aurait pu assumer plus tôt », déplore-t-il en excusant à moitié le chef de l’Etat, « qui a dû partir de ce qu’était la vulgate socialiste pour atterrir en urgence ». Dès qu’une mesure lui déplaît, il lance un coup de griffe, quitte à ajouter à la cacophonie ambiante. L’impôt à 75 % ? « Une connerie » qu’il serait « judicieux » d’oublier, dit-il en rapportant ce qu’il voit dans sa ville : « Les grands groupes ne se plaignent pas, mais je crains que certains ne fassent des arbitrages d’investissement défavorables à notre pays. » La flexibilité ? « Si le principal défi est la modernisation de nos entreprises, je ne comprends pas pourquoi cette expression est toujours considérée comme un gros mot à gauche. » Tout est à l’avenant.

HOLLANDE DOIT TENIR UN « LANGAGE CLAIR »

Dans les propos de l’élu socialiste, il n’y a pas d’animosité à l’égard du pouvoir central, juste une forme d’incompréhension. « Objectivement, concède-t-il, la période est très difficile. Nous sommes en train de changer de monde et cela entraîne des réflexes de repli. » Mais là où il rêverait d’un François Hollande sûr de son cap, parlant « un langage clair », il voit un capitaine louvoyer au risque de se retrouver « paralysé » par « la gestion des contradictions de la gauche ».

La doxa officielle sur la croissance qui serait, selon le président de la République, une affaire de cycles, ne le convainc pas : « Avant la guerre de 14-18, la Grande-Bretagne était au cœur du développement. Après, elle a été détrônée par les Etats-Unis. Aujourd’hui, l’Europe peut très bien sortir de l’histoire », affirme-t-il. L’activisme du ministre du redressement productif le laisse de marbre, enfin, pas tout à fait : « Arnaud Montebourg serait parfait avec ses qualités mais sans ses défauts. Il faudrait qu’il admette que nous sommes dans un monde ouvert », soupire-t-il. Pour lui, le ministère qui devrait être « figure de proue » dans la période actuelle est celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mais qui connaît Geneviève Fioraso ?

LE POIDS DES MAIRES DE GRANDES VILLES

On pourrait facilement se méprendre sur Gérard Collomb, cataloguer cet élu de 66 ans, maire de Lyon, président du Grand Lyon, sénateur du Rhône, comme un pur produit local qui se protégerait de l’impopularité nationale en faisant entendre sa musique personnelle. Après tout, il briguera en mars 2014 un troisième mandat à la tête de la troisième ville de France sans que l’opposition ait jusqu’à présent trouvé prise pour l’en détrôner.

Le maire sortant raconte comment il a construit un récit qu’il estime en phase avec les attentes locales : « Lyon a vécu au milieu des années 1970 la fin du textile et de la métallurgie. On aurait pu se lamenter. On a préféré décrire comment elle allait se reconstruire dans les métiers d’avenir. » Il a trouvé des ressorts d’action dans la double culture lyonnaise : « L’une laïque, inspirée du socialisme proudhonien, qui n’attend pas tout de l’État, l’autre social chrétienne, qui a accouché d’un patronat aux valeurs humanistes. » Et à chaque fin de mandat, il « accélère ».

Lyon, c’est Lyon, et pourtant, les prescriptions du Dr Collomb trouvent un écho favorable chez d’autres élus socialistes de grandes villes, comme François Rebsamen, le maire de Dijon. Car eux aussi s’inquiètent du discours ambiant, du message défensif qui consisterait en économie à tout vouloir sauver, y compris ce qui ne marche plus. Ils verraient d’un bon œil une audace un peu plus marquée du chef de l’Etat en direction du socialisme de l’offre.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel mouvement venu du bas se produit. Sur les questions de sécurité, la pression des maires a été essentielle pour faire évoluer la doctrine socialiste. Cette fois, c’est sur l’économie et le social qu’elle s’intensifie. « Normal, assure Gérard Collomb. Je ne connais pas un maire qui n’aime pas l’entreprise et quand vous administrez une grande ville, la réalité d’un monde globalisé saute aux yeux. »

Pour expliquer la différence de perception entre le local et le national, l’élu précise : « Les entreprises qui viennent s’implanter ici sont intéressées par le savoir-faire lyonnais. Elles ne disent pas ‘on vient en France’ mais ‘on vient à Lyon’. Les Etats-nations ont un peu perdu de leur pouvoir par le haut et par le bas, c’est peut être aussi ce qui explique la difficulté à construire un discours national. »

AYRAULT « COMPREND BIEN » LA PROBLÉMATIQUE

Le maire de Lyon reconnaît qu’il n’a pas eu l’occasion d’échanger en privé avec François Hollande depuis que ce dernier a été élu président. Il a en revanche discuté plusieurs fois en tête à tête avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L’ancien maire de Nantes « comprend bien la problématique » qu’il développe, assure M. Collomb, mais évoluer à cru, en pleine crise, n’est pas des plus faciles. L’actuel maire de Lyon, qui a participé au début des années 1990 à la création de la fondation Jean-Jaurès aux côtés de Pierre Mauroy, déplore « le vide intellectuel » du PS et « les jeux de parti ». « Je n’ai jamais retrouvé au sein du parti la qualité des débats qui prévalaient à Epinay lors de sa fondation », déplore-t-il.

Mais après tout qu’importe ! C’est par les territoires que la France évoluera, il en est persuadé. Lorsqu’on évoque devant lui la cure de rigueur imposée par le gouvernement aux collectivités locales, la grimace escomptée ne vient pas. Au contraire, ses yeux brillent, il presse sa collaboratrice d’aller chercher des cartes« si , si, vous savez bien, celles de la Datar qui disent tout. » Et se prend à réaménager le territoire : « Ici une grande transversale à dominante rurale qui va de l’est de la France au Massif central. Il ne faut surtout pas y supprimer le département et renforcer au contraire ses pouvoirs. Là, 150 villes petites et moyennes qui structurent le territoire, il faut évidemment les renforcer. Plus loin… » Il est à son affaire. On ne l’arrêtera plus.

Françoise Fressoz

Source : Le Monde