Européennes : l’idée d’une circonscription unique revient.

C’est une proposition de loi qui doit être votée car au-delà du vote à l’Assemblée Nationale et au Sénat, ce sera l’occasion pour le PRG de parler d’une Europe Fédérale à construire. Nos concitoyens attendent du changement et un vrai courage politique pour l’Europe.

Le PRG favorable au retour du scrutin unique pour les élections européennes de 2014. Le Député Roger-Gérard Schwartzenberg a déposé une proposition de loi en Septembre « car les grandes circonscriptions interrégionales, hormis l’Ile-de-France, n’ont pas de cohérence » … et « il faut rendre le système plus lisible » explique-t-il.
Cette proposition de loi avait déjà été votée au Sénat il y a deux ans à l’initiative des Sénateurs Radicaux. Elle a été reprise par les Députés Radicaux à la suite d’un accord entre le Président de la République, François Hollande, et Jean-Michel Baylet , Président des Radicaux de Gauche. Ce qui prouve, si besoin était, que les Radicaux de Gauche sont constants dans leurs engagements !

Monique BOULESTIN

Sans titre

Manifestement, le gouvernement n’a pas tranché la question du retour à la liste unique aux élections européennes. Le sujet va connaître un regain d’actualité, puisque les députés radicaux de gauche (PRG), soutenus par les écologistes, vont défendre le 28 mars à l’Assemblée une proposition de loi pour revenir à la circonscription nationale unique aux européennes de 2014. Ils vont reprendre un texte déjà adopté à l’initiative de leurs collègues RDSE du Sénat et du président des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, voté en première lecture par la Haute Assemblée le 23 juin 2010.

«L’objectif est de donner une lisibilité politique à ces élections, car les circonscriptions interrégionales (instaurées en avril 2003 sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin) n’avaient aucune cohérence», explique Alain Tourret, député PRG du Calvados, qui va être désigné porte-parole dans ce débat.

Cette proposition a l’appui de toutes les formations qui sont assurées de progresser dans le cadre du scrutin proportionnel: le MoDem de François Bayrou, qui s’est déclaré en faveur du retour à la liste nationale, le Front national, tout comme le Parti communiste et le Front de gauche. Les écologistes sont aussi pour la circonscription nationale, mais ils savent qu’avec 16 députés européens sortants ils auront nécessairement moins d’élus en 2014. Un dirigeant des Verts, reçu mardi à Matignon dans le cadre des consultations du premier ministre avec les partis, confie que Jean-Marc Ayrault «n’est pas très enthousiaste» à l’idée de changer le mode de scrutin des européennes.

«Il y a une pression du PS en faveur de la liste nationale», analyse un ancien député socialiste, proche de François Hollande. Rue de Solferino, sans doute, puisque le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, eurodéputé, se verrait bien conduire la liste l’an prochain. Mais les députés socialistes sont partagés et attendent l’avis du chef de l’État. «Quand on veut modifier un mode de scrutin, il faut le faire dans un climat consensuel, surtout pour les élections européennes, où le taux d’abstention est élevé», nous indiquait mercredi le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve.

L’UMP majoritairement contre

Or l’UMP est majoritairement contre. «C’est encore une opération de manipulation électorale de plus», dénonce Christian Jacob, le patron des députés UMP. L’ancien ministre UMP Luc Chatel est également hostile à cette réforme, parce qu’il considère que «la circonscription unique renforce les méfaits de la proportionnelle». Proche de Xavier Bertrand, le député du Nord, Gérald Darmanin, craint le retour à la liste nationale, «qui sera composée soit des battus du suffrage universel, soit des apparatchiks des partis». À l’inverse, l’ancien ministre UMP Thierry Mariani estime que les huit circonscriptions actuelles «n’ont créé aucune proximité entre les députés européens et leurs électeurs». Porte-parole de l’UDI, Philippe Vigier souligne aussi que «seule une circonscription unique permettra un vrai débat européen, qui ne sera pas morcelé, au moment où l’Europe est en panne».

Les socialistes sont très prudents sur le sujet. Officiellement, les ministres Laurent Fabius et Manuel Valls «craignent d’offrir une tribune» au Front national et au Front de gauche, explique un député PS. En réalité, ce sont les rapports de force internes Rue de Solferino qui sont en cause. Le ministre des Affaires étrangères voudrait voir réélus deux eurodéputés proches de lui, Pervenche Berès et Henri Weber. Or, dans le cadre d’une liste unique, la bataille des courants va reprendre de plus belle.

D’autres font un autre raisonnement, jugeant que la liste unique serait une opportunité formidable pour un retour de Ségolène Royal sur le devant de la scène. «Un moyen de la recaser», s’amuse Jean-Pierre Raffarin, l’éternel adversaire de la présidente de Poitou-Charentes «La difficulté, c’est qu’elle a disparu des radars politiques. Mais la mettre tête de liste, cela aurait du panache», estime le député PS de l’Ardèche, Pascal Terrasse. «Je l’encouragerais à reprendre sa place en politique», ajoute Sabine Buis, sa collègue ardéchoise. Reste à connaître l’avis du chef de l’État, qui, selon Jean-Michel Baylet, serait d’accord pour un retour à la liste nationale.

Source : Le figaro

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