Françoise Laborde sénatrice PRG, membre de l’Observatoire de la laïcité

Dans un souci d’apaisement il était devenu urgent de revoir l’encadrement des structures d’accueil de la petite enfance. La sénatrice PRG Françoise Laborde est membre de l’Observatoire de la laïcité aujourd’hui créée. Nous savons que son expertise sera précieuse.

Monique Boulestin

AFP Paris 6 avril 2013 -L’observatoire de la laïcité, crée en 2007 mais qui n’a jamais fonctionné jusqu’ici, a maintenant un président, Jean-Louis Bianco, ancien ministre et ancien Secrétaire général de l’Elysée, et quinze membres nommés, d’après des arrêtés publiés samedi  6 avril 2013 au Journal officiel. A la fin de son mandat, le président Jacques Chirac avait souhaité la création d’une telle instance chargée de veiller au respect de la laïcité dans les services publics. Mais son successeur, Nicolas Sarkozy, n’avait jamais donné suite. En décembre dernier, le président François Hollande avait annoncé qu’il donnerait vie à cet observatoire en 2013 en le dotant d’une mission supplémentaire: formuler des propositions sur la transmission de la morale laïque à l’école. Jeudi, un arrêté du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault l’avait renouvelé pour cinq ans. Parmi les membres de l’observatoire, quatre parlementaires: le député PS Jean Glavany, la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, la sénatrice PRG Françoise Laborde et le sénateur UMP François-Noël Buffet. Ensuite une dizaine de membres (philosophe, chercheurs, juriste….) sont désignés « en raison de leur compétence et de leur expérience », d’après le texte de l’arrêté. Cette instance renaît alors que les débats font rage sur la nécessité d’une nouvelle loi sur la laïcité, notamment pour étendre l’interdiction des signes religieux ostensibles aux établissements accueillant des petits enfants. Ces débats ont été relancés par une décision de la Cour de cassation, qui a invalidé le 19 mars le licenciement d’une employée voilée de la crèche Baby Loup, au motif que le principe de laïcité ne s’applique pas dans le secteur privé.

Source : Jean-Michel BAYLET

Publicités

L’Observatoire de la laïcité, entre « camp laïque » et « gens de terrain »

Cet observatoire de la laïcité était une demande récurrente du PRG. Souhaitons qu’il apporte des réponses concrètes.

Monique BOULESTIN

L’Observatoire de la laïcité a été installé lundi 8 avril par le président de la République, qui en avait annoncé la création en décembre, sur la base d’un décret de 2007 resté lettre morte. Il en a confié la présidence à l’ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal, qui n’est pas un spécialiste de ces questions.

Outre les représentants des ministères concernés, l’Observatoire est composé de quatorze personnalités. Parmi eux, quatre parlementaires, deux UMP, un socialiste et une PRG, dont la plupart sont connus pour leur engagement sur les questions de laïcité. François-Noël Buffet, le sénateur UMP, maire d’Oullins (Rhône) fut rapporteur du projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public en 2010 ; Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de Moselle sera au sein de l’Observatoire la représentante des terres concordataires, où le financement public des cultes est autorisé et organisé. Un sujet de discorde à gauche, dont une partie plaide pour la sortie progressive de ce système dérogatoire, et qui avait provoqué un cafouillage lors de la campagne présidentielle.

Des conceptions différentes de la laïcité

A gauche, le socialiste Jean Glavany, spécialiste de la laïcité au PS et Françoise Laborde, sénatrice PRG, à l’origine d’une proposition de loi sur la neutralité religieuse pour les personnes gardant des enfants, représentent la frange partisane de l’application d’une stricte laïcité. Une approche aussi défendue par l’ancien grand maître du Grand Orient de France, Patrick Kessel, auteur d’un ouvrage récent, Ils ont volé la laïcité ! (éd. JCG, 2012), et président du Comité Laïcité République. Il y plaidait notamment pour l’inscription des deux premiers articles de la loi de 1905 dans la Constitution, projet annoncé puis abandonné par François Hollande, et pour une suppression progressive du concordat et de tout financement public des cultes. Une autre responsable politique socialiste, la maire de Bron (Rhône), Annie Guillemot, spécialiste de la politique de la Ville, rejoint aussi l’Observatoire.

Le conseiller d’Etat, Alain Christnacht, qui mit en place l’instance de dialogue entre l’Eglise catholique et le gouvernement pour Lionel Jospin en 2002, représente une tendance moins radicale de la conception laïque à gauche. Le Conseil d’Etat a régulièrement rendu des avis favorables à une laïcité ouverte, contestés par des personnalités comme M.Kessel.

Un rapport et une loi ?

Présent aussi dans ce nouvel Observatoire, le philosophe Abdennour Bidar ; venu de la mission laïcité du Haut conseil à l’intégration, qui se fond dans la nouvelle structure, il a pris des positions tranchées en faveur d’une stricte laïcité. Deux des trois personnalités chargées par le ministre de l’éducation nationale d’un rapport sur la morale laïque, Alain Bergounioux (historien du parti socialiste) et Laurence Loeffel, ont aussi été nommées, de même qu’une juriste, Soraya Amrani Meki, ou le poète guadeloupéen, Daniel Maximim.

 Armelle Carminati, directrice générale Diversité du cabinet de consulting Accenture, représente le monde de l’entreprise et pourra apporter sa connaissance des situations de terrain. Rose-Marie van Leberghe, inspectrice générale des affaires sociales a, elle, travaillé alternativement dans des entreprises privées et publiques, et notamment dans le secteur hospitalier. L’Observatoire ne comporte pas de représentants des cultes, qui devraient être « consultés » ponctuellement.

L’Observatoire réalisera un rapport annuel sur l’état de la laïcité en France et devrait travailler en priorité sur l’opportunité et les contours d’une nouvelle loi sur le port de signes religieux dans l’entreprise, suite à l’affaire de la crèche Baby Loup. Le premier ministre devrait réunir prochainement les différents groupes politiques pour parvenir à un « consensus » sur cette question. Parmi les membres de l’Observatoire, quatre (Jean Glavany, Abdennour Bidar, Patrick Kessel et Françoise Laborde) sont signataires de la pétition demandant une nouvelle loi afin de combler « un vide juridique ».

Stéphanie Le Bars

Source : http://religion.blog.lemonde.fr