Conseil municipal du mardi 19 Mars 2013

Conseil municipal du mardi 19 Mars 2013

Parti Radical de gauche,

Intervention de M. Philip Gaffet

 

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Ce soir le vote du budget municipal requiert toute notre attention car, pour la première année, nous sommes en capacité de mesurer les effets néfastes de la réforme de la taxe professionnelle.

La réforme de la fiscalité locale a en effet été adoptée selon l’article 2 du projet de loi de finances 2010, sous un gouvernement de droite,- faut-il le rappeler?-  , avec pour mesure emblématique la suppression de la taxe professionnelle et son remplacement par la contribution économique territoriale.

Les radicaux de gauche, au moment de la discussion parlementaire, avaient porté un regard très critique sur cette réforme, élaborée de façon très précipitée, dans le flou et sans véritable concertation avec les élus locaux et les parlementaires. A cette époque le groupe UMP s’en réjouissait !

Le 6 juillet 2011 était donc  constituée, à la demande des Sénateurs PRG, une mission d’information, sur les conséquences, pour les collectivités territoriales, l’Etat et les entreprises, de la suppression de cette taxe et de son remplacement. La taxe professionnelle, je le rappelle ce soir, était  alors un impôt considéré par la droite comme « anti-économique », voire qualifié « d’imbécile » !

 Réformée 68 fois en 33 ans, cet impôt était certes à bout de souffle, mais il aurait dû évoluer de façon plus lisible, plus juste et sans répercussions négatives sur l’économie ! Cet objectif, faut-il le rappeler ce soir, n’a malheureusement pas été atteint, bien au contraire…

La réforme telle qu’elle a été conduite par la précédente majorité gouvernementale a donc été une faute politique.

Comment peut-on croire un seul instant qu’elle a renforcé la compétitivité  et permis de retrouver une croissance durable?

A contrario, nous faisons toujours face aux mêmes défis, mais de manière amplifiée .

 Par ailleurs, sans entrer dans un débat technique, nous pouvons affirmer aujourd’hui  qu’elle n’a pas simplifié la fiscalité locale.

Les collectivités locales et cela nous inquiète chaque jour davantage, monsieur le maire, sont dans le plus grand flou quant aux conséquences de cette réforme qui est pour nous , radicaux de gauche, une véritable « bombe à retardement ».

En effet, au moment de sa mise en application, les conseils municipaux et les instances délibérantes des établissements publics de coopération intercommunale, les EPCI, ne disposaient d’aucune simulation lorsqu’ils ont délibéré pour fixer cette cotisation minimale au titre de 2012.

La principale conséquence sur les collectivités territoriales, mesdames et messieurs les élus, a été une très grande incertitude sur leurs ressources et une exposition plus importante aux aléas de la conjoncture. Sans compter que cette réforme n’a eu aucune incidence sur les décisions d’implantation des entreprises …

Certes, monsieur le maire, il n’appartient pas à cette assemblée de « légiférer » sur le bien-fondé de cette réforme mais sous aimerions connaître votre opinion et savoir comment, au moment du vote de notre budget, notre commune vit aujourd’hui  le renforcement de sa dépendance vis-à-vis des dotations de l’Etat, notamment au regard du financement de la future LGV Limoges-Poitiers.

Il va de soi, monsieur le maire que, conformément à nos engagements au sein de la majorité municipale, nous voterons le budget sans réserve.

                                                                                  Philip Gaffet Conseiller Municipal

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Elections locales

Par la voix du sénateur Jacques Mézard, le PRG s’est interrogé le Mercredi 13 mars 2013, dans un esprit constructif, sur le bien-fondé du texte relatif à l’élection des conseillers départementaux et municipaux et des conseillers communautaires.

Examiné à l’Assemblée Nationale, le texte prévoit , d’abord, un système de binôme pour l’élection des conseillers départementaux .

Ce système est considéré dans nos départements qualifiés de « ruraux » comme un facteur supplémentaire de déséquilibre territorial, de fracture territoriale à l’intérieur même de nos départements.

En effet, la création d’immenses cantons ruraux regroupant un nombre considérable de communes, avec la disparition de nombreux chefs-lieux de cantons,  inquiète nos concitoyens  qui vivent, par ailleurs , à la fois l’abandon depuis plusieurs années d’une véritable  politique d’aménagement du territoire et l’ajout de nouveaux « handicaps » dont les « déserts de santé ».

Est-ce la fin programmée des départements? Est-ce une recomposition?…

De plus, il ne paraît pas raisonnable d’en rester à la règle du plus ou moins 20% pour la création de nouveaux cantons : ce système de dérogation particulière en fonction des zones de montagne ou littorale, serait jugée purement arbitraire, injuste et source de multiples contentieux.

Oui, il faut retenir la règle du plus ou moins 30%, proposée par le Sénat en première lecture, qui seule évitera la création de cantons gigantesques sans aucune cohérence et ne permettant plus, de surcroît, une représentation efficace et juste des départements concernés.

Oui, un conseiller départemental doit avoir une vision globale de l’action à mener dans son département mais cette action globale ne peut ni ne doit abandonner les cantons les moins peuplés, où les handicaps géographiques sont les plus lourds.

Pour ce qui concerne, ensuite, l’élection des conseillers municipaux et communautaires, il est indispensable que le seuil d’application du scrutin de liste reste à 1000 habitants. Descendre , comme le souhaitent les députés de la majorité PS à l’Assemblée Nationale, à 500 habitants aurait des inconvénients majeurs dans la constitution des listes. En effet, quel est l’intérêt de diminuer le nombre de conseillers municipaux, élus bénévoles, profondément attachés à leurs communes et acteurs de liens sociaux indispensables?

Par ailleurs, la représentation des maires des petites communes dans les intercommunalités, justifie de ne pas diminuer le nombre de conseillers municipaux : les maires seuls dans leurs communes seraient alors surchargés de travail …

 Enfin, l’élection des délégués communautaires justifie à elle seule la plus grande liberté et la plus grande simplicité dans le nouveau dispositif.

 

                                                                                                          Monique Boulestin

 

Révision constitutionnelle et laïcité

Chers Amis radicaux,

Voici le texte du communiqué de presse diffusé suite à la dernière intervention de Françoise Laborde, au Sénat :

Lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, Françoise Laborde Sénatrice PRG de la Haute-Garonne a interpelé Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, au nom des membres du groupe RDSE, sur les 4 projets de loi de révision constitutionnelle présentés hier en Conseil des ministres.

Elle a regretté qu’aucun d’entre eux ne prévoie l’inscription de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, dans la Constitution. En effet, l’engagement n°46 du candidat soutenu, il y a un an, par le Parti socialiste et le Parti radical de gauche, était d’« inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l’article 1er, un deuxième alinéa ainsi rédigé :

« La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Eglises et de l’Etat, conformément au titre 1er de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle ».

Elle en appelle au gouvernement pour que cet engagement soit tenu. La récente décision du Conseil constitutionnel rappelant que la laïcité avait une valeur constitutionnelle, sauf dans les trois départements du Concordat, ne doit pas le faire reculer. « Le moment est venu de mettre fin à cette exception concordataire héritée de l’Histoire. » a-t-elle ajouté avant de conclure :

« Madame la Garde des Sceaux, vous savez l’importance et le rôle du principe universel de laïcité dans l’émancipation des hommes et des femmes. Vous savez aussi combien la laïcité est une valeur républicaine fragile. Et vous n’ignorez pas non plus les tentatives de dévoiement, et les menaces dont elle fait l’objet de la part des extrêmes. Oui, la laïcité mérite toute notre attention, elle mérite notre protection ! Les radicaux de gauche attendent un signal fort, une « fumée blanche » qui tarde à venir ! »

Les mises en garde de Gérard Collomb à François Hollande

C’est une vision politique claire et …assumée par Gérard Collomb

Monique BOULESTIN

 

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Sur la longue table en verre fumé autour de laquelle il reçoit dans son bureau de l’hôtel de ville de Lyon, Gérard Collomb a posé un unique ouvrage à la couverture rouge pétant sur laquelle est écrit en lettres blanches Et si la France s’éveillait… (éditions Plon). L’élu socialiste a publié ce livre en mars 2011, un peu plus d’un an avant la présidentielle qui a vu la victoire de François Hollande.

Régulièrement au cours de l’entretien, dans cette grande salle couverte de boiseries sombres et tendue de soieries lyonnaises, il feuillettera le livre en s’exclamant, lui qui est si peu apte aux effusions : « Mais il y avait tout dedans ! » Tout ? Le maire de Lyon défend le socialisme de l’offre, les réformes de structure, l’adaptation à la mondialisation : « Pas par une vision idéalisée de l’entreprise, assure-t-il, mais parce que si on ne stimule pas le goût de l’innovation, on ne s’en sortira pas. »

« UN MINIMUM D’EMPATHIE POUR LES ENTREPRISES »

Au moment où le président de la République, en grande difficulté dans les sondages, a entrepris des déplacements de deux jours en province, comme ce lundi 11 et mardi 12 mars à Dijon, l’édile lance cet avertissement : « On ne relancera pas l’économie sans un minimum d’empathie pour les entreprises. » Depuis neuf mois, il observe François Hollande s’emparer des problèmes de compétitivité « à la façon hollandaise », c’est-à-dire trop prudemment à ses yeux.

« On aurait pu assumer plus tôt », déplore-t-il en excusant à moitié le chef de l’Etat, « qui a dû partir de ce qu’était la vulgate socialiste pour atterrir en urgence ». Dès qu’une mesure lui déplaît, il lance un coup de griffe, quitte à ajouter à la cacophonie ambiante. L’impôt à 75 % ? « Une connerie » qu’il serait « judicieux » d’oublier, dit-il en rapportant ce qu’il voit dans sa ville : « Les grands groupes ne se plaignent pas, mais je crains que certains ne fassent des arbitrages d’investissement défavorables à notre pays. » La flexibilité ? « Si le principal défi est la modernisation de nos entreprises, je ne comprends pas pourquoi cette expression est toujours considérée comme un gros mot à gauche. » Tout est à l’avenant.

HOLLANDE DOIT TENIR UN « LANGAGE CLAIR »

Dans les propos de l’élu socialiste, il n’y a pas d’animosité à l’égard du pouvoir central, juste une forme d’incompréhension. « Objectivement, concède-t-il, la période est très difficile. Nous sommes en train de changer de monde et cela entraîne des réflexes de repli. » Mais là où il rêverait d’un François Hollande sûr de son cap, parlant « un langage clair », il voit un capitaine louvoyer au risque de se retrouver « paralysé » par « la gestion des contradictions de la gauche ».

La doxa officielle sur la croissance qui serait, selon le président de la République, une affaire de cycles, ne le convainc pas : « Avant la guerre de 14-18, la Grande-Bretagne était au cœur du développement. Après, elle a été détrônée par les Etats-Unis. Aujourd’hui, l’Europe peut très bien sortir de l’histoire », affirme-t-il. L’activisme du ministre du redressement productif le laisse de marbre, enfin, pas tout à fait : « Arnaud Montebourg serait parfait avec ses qualités mais sans ses défauts. Il faudrait qu’il admette que nous sommes dans un monde ouvert », soupire-t-il. Pour lui, le ministère qui devrait être « figure de proue » dans la période actuelle est celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mais qui connaît Geneviève Fioraso ?

LE POIDS DES MAIRES DE GRANDES VILLES

On pourrait facilement se méprendre sur Gérard Collomb, cataloguer cet élu de 66 ans, maire de Lyon, président du Grand Lyon, sénateur du Rhône, comme un pur produit local qui se protégerait de l’impopularité nationale en faisant entendre sa musique personnelle. Après tout, il briguera en mars 2014 un troisième mandat à la tête de la troisième ville de France sans que l’opposition ait jusqu’à présent trouvé prise pour l’en détrôner.

Le maire sortant raconte comment il a construit un récit qu’il estime en phase avec les attentes locales : « Lyon a vécu au milieu des années 1970 la fin du textile et de la métallurgie. On aurait pu se lamenter. On a préféré décrire comment elle allait se reconstruire dans les métiers d’avenir. » Il a trouvé des ressorts d’action dans la double culture lyonnaise : « L’une laïque, inspirée du socialisme proudhonien, qui n’attend pas tout de l’État, l’autre social chrétienne, qui a accouché d’un patronat aux valeurs humanistes. » Et à chaque fin de mandat, il « accélère ».

Lyon, c’est Lyon, et pourtant, les prescriptions du Dr Collomb trouvent un écho favorable chez d’autres élus socialistes de grandes villes, comme François Rebsamen, le maire de Dijon. Car eux aussi s’inquiètent du discours ambiant, du message défensif qui consisterait en économie à tout vouloir sauver, y compris ce qui ne marche plus. Ils verraient d’un bon œil une audace un peu plus marquée du chef de l’Etat en direction du socialisme de l’offre.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel mouvement venu du bas se produit. Sur les questions de sécurité, la pression des maires a été essentielle pour faire évoluer la doctrine socialiste. Cette fois, c’est sur l’économie et le social qu’elle s’intensifie. « Normal, assure Gérard Collomb. Je ne connais pas un maire qui n’aime pas l’entreprise et quand vous administrez une grande ville, la réalité d’un monde globalisé saute aux yeux. »

Pour expliquer la différence de perception entre le local et le national, l’élu précise : « Les entreprises qui viennent s’implanter ici sont intéressées par le savoir-faire lyonnais. Elles ne disent pas ‘on vient en France’ mais ‘on vient à Lyon’. Les Etats-nations ont un peu perdu de leur pouvoir par le haut et par le bas, c’est peut être aussi ce qui explique la difficulté à construire un discours national. »

AYRAULT « COMPREND BIEN » LA PROBLÉMATIQUE

Le maire de Lyon reconnaît qu’il n’a pas eu l’occasion d’échanger en privé avec François Hollande depuis que ce dernier a été élu président. Il a en revanche discuté plusieurs fois en tête à tête avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L’ancien maire de Nantes « comprend bien la problématique » qu’il développe, assure M. Collomb, mais évoluer à cru, en pleine crise, n’est pas des plus faciles. L’actuel maire de Lyon, qui a participé au début des années 1990 à la création de la fondation Jean-Jaurès aux côtés de Pierre Mauroy, déplore « le vide intellectuel » du PS et « les jeux de parti ». « Je n’ai jamais retrouvé au sein du parti la qualité des débats qui prévalaient à Epinay lors de sa fondation », déplore-t-il.

Mais après tout qu’importe ! C’est par les territoires que la France évoluera, il en est persuadé. Lorsqu’on évoque devant lui la cure de rigueur imposée par le gouvernement aux collectivités locales, la grimace escomptée ne vient pas. Au contraire, ses yeux brillent, il presse sa collaboratrice d’aller chercher des cartes« si , si, vous savez bien, celles de la Datar qui disent tout. » Et se prend à réaménager le territoire : « Ici une grande transversale à dominante rurale qui va de l’est de la France au Massif central. Il ne faut surtout pas y supprimer le département et renforcer au contraire ses pouvoirs. Là, 150 villes petites et moyennes qui structurent le territoire, il faut évidemment les renforcer. Plus loin… » Il est à son affaire. On ne l’arrêtera plus.

Françoise Fressoz

Source : Le Monde

13 propositions radicales pour les femmes en 2013

13 propositions radicales pour les femmes en 2013

 

1. Augmenter les moyens financiers des CIDF – donner des moyens supplémentaires aux Déléguées Régionales chargées auprès des Préfets de la promotion des femmes.

2. Promouvoir les femmes à la tête des exécutifs (maires, présidents de communautés de communes, présidences des conseils généraux et régionaux).

3. Créer 30 000 appartements relais pour les femmes victimes de violence.

4. Développer les incitations financières pour impulser une véritable mixité dans les bénéficiaires du congé parental d’éducation.

5. Impulser l’orientation des bachelières vers des filières universitaires scientifiques.

6. Dans les filières de lycées professionnels dont beaucoup sont fortement « sexuées » impulser une véritable mixité.

7. Développer l’éducation sexuelle et l’usage de la contraception.

8. Créer un véritable service public de la petite enfance.

9. Créer un service public de l’aide à l’autonomie.

10. Imposer les règles de la laïcité aux intervenants extérieurs – bénévoles ou non – dans les domaines de la petite enfance, de l’aide aux personnes âgées.

11. Lutter contre les pratiques du mariage forcé, de l’excision et des mutilations.

12. Inciter publicitaires et médias à changer l’image des femmes qu’ils véhiculent.

13. Lors d’une séparation, développer la garde alternée pour que le père et la mère soient réellement impliqués dans l’éducation.

Le Parti radical de gauche émet 13 propositions pour les femmes en 2013

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Pour que les droits des femmes soient considérés au-delà de la seule journée du 8 mars …

Monique BOULESTIN

Le Parti radical de gauche et son association « Femmes Radicales » ont adressé vendredi au chef de l’Etat 13 propositions « pour légalité des hommes et des femmes ».

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le PRG et son association ont demandé au président de la République d’agir dans plusieurs domaines dont « la formation professionnelle des jeunes », la lutte contre les « violences faites aux femmes » et le soin aux personnes âgées.

Sur le plan de la formation professionnelle, la lettre dénonce une « répartition sexuée des filières », avec des « filières +masculines+ conduisant » à « des professions valorisées, bien rémunérées ». Le PRG encourage le gouvernement à « aller plus loin » pour changer les choses dans ce domaine.

Les radicaux de gauche proposent également la création de « 30.000 appartements relais pour les femmes victimes de violences ».

Enfin, la lettre demande des effectifs plus nombreux et mieux formés, pour s’occuper des personnes âgées, souvent des femmes, qui sont aujourd’hui accueillies dans des conditions que le PRG juge comparables à celles du « milieu carcéral ».

 

Source AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2012 Agence France-Presse.

 

Ils étaient trois humanistes…

Stéphane Hessel, Françoise Seligmann, Henri Caillavet, trois grandes figures de la Résistance viennent de s’éteindre , le même jour, presque au même âge.

Tous les trois ont été proches de Pierre Mendès France :  Stéphane Hessel fut son ami, Françoise Séligmann sa collaboratrice, Henri Caillavet membre de son cabinet aux Affaires Etrangères et au Plan.

Aujourd’hui, tous les  trois nous laissent, en héritage, des parcours de vies « exemplaires » : après  la  si douloureuse période  de la Résistance et de la Déportation vint le temps de leur  engagement politique, philosophique,  de leurs combats sans fin  pour la justice, la liberté, la dignité humaine … la paix  en Europe, dans le monde…

Nous rêvons de cette période d’après-guerre où, après les horreurs subies,  tout semblait possible , où les utopies reprenaient corps, où la vie avait un sens.

 Nous rêvons de ces parcours politiques où l’intransigeance le disputait à la fidélité, où l’intelligence du coeur complétait  le savoir de l’esprit , où la sincérité des engagements  primait sur les intérêts personnels.

Nous rêvons  d’un monde plus fraternel, plus solidaire, d’un « monde de soleil »…Mais, avec  Albert Camus, nous savons bien  que « chaque génération , sans doute, se croit vouée à refaire le monde . La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse… »

C’est ce  devoir  de mémoire, envers ceux qui nous ont quittés, que nous avons désormais en partage.

 

                                                                                              Monique  Boulestin

 

Henri Caillavet : une « leçon » de vie …

Henri Caillavet, un législateur hors du commun

Par Henri Caillavet Directeur de l’observatoire de la vie politique et parlementaire

Le Monde 27 Février 2013

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De la IVe, sûrement ; c’était celle qui lui avait permis, dès le 2 juin 1946, à 32 ans, de représenter le Lot-et-Garonne à la seconde Constituante. L’avocat et jeune député radical, ancien « passeur » d’armes pour les républicains espagnols, puis ancien résistant et ancien interné, eut la lourde responsabilité, deux ans après la Libération, dans un cénacle très confidentiel, celui de la franc-maçonnerie, de jouer le rôle de procureur face à certains quémandeurs, tentant de faire oublier leur port de la francisque. Henri Caillavet se fit des amis, mais dès lors beaucoup d’ennemis.

La « proposition de loi » devient, déjà, son arme de prédilection : sept jusqu’en 1951, puis une rafale de vingt-quatre textes jusqu’en 1956 ! Mais dans cette armurerie législative, certains exposés des motifs annonçaient déjà le législateur et le futur rapporteur qu’il serait dans la République suivante : législation sur l’avortement, régimes matrimoniaux, divorce par consentement mutuel, etc… Comme si l’instinct de survie en politique commande à tout élu de ne compter que sur lui-même, Henri Caillavet se constituait déjà un solide portefeuille d’idées à redistribuer, de débats de société à provoquer avec des « coudées franches ».

LA VE RÉPUBLIQUE SERA SON BONHEUR

De la IVe République, le député du Lot-et-Garonne, en extrayait encore les jours heureux et ceux qui l’étaient moins lorsqu’on exerce des fonctions ministérielles : à l’outre-mer, en 1953 dans le gouvernement de René Mayer, mais surtout trois fois dans les gouvernements de Pierre Mendès France, auprès d’Edgar Faure, puis de François Mitterrand, en 1954 et 1955. La fin de la belle histoire du radicalisme herriotiste, comme pour d’autres socialistes, démocrates-chrétiens, libéraux, ou républicains de progrès, se terminait en novembre 1958 ; ayant refusé la confiance au général de Gaulle et voté contre les pleins pouvoir, Henri Caillavet subissait le verdict des urnes. Redevenu avocat de plein exercice, il assurait loin des hémicycles son indépendance financière, celle qui allait lui permettre de ne devoir rien à qui que ce soit lorsque les « avis de tempête » ouvriraient de nouveau la voie au débat démocratique.

La Ve République a commencé en 1967 pour Henri Caillavet lorsque, suppléant deJacques Bordeneuve devenu député du Lot-et-Garonne, il lui succède au Sénat. Et finalement, la Ve sera son bonheur. A la Haute Assemblée, sa force de travail se moque du cumul des mandats ; au Parlement européen, il ferraille avec les Anglais pour défendre la PAC et bataille avec succès contre la technocratie bruxelloise ; dans le Lot-et-Garonne, au conseil général ou à Bordeaux au conseil régional, il mesure les besoins ruraux et y fait redistribuer tout ce que les fonds structurels peuvent apporter à l’accompagnement de la modernité et du changement, tout en observant qu’« au pas des bœufs « , comme il disait si bien, les réformes sont toutes aussi bien menées à terme, et le plus souvent avec plus de qualité ; et dans les Hautes-Pyrénées, dans son village de Bourisp dont il est maire, il puise le bon sens et en retient toute la modestie.

Difficile de se faire une place, néanmoins, à la Haute Assemblée ; patient, indépendant d’esprit, mais radical loyal dans son groupe (celui de la Gauche démocratique), le nouveau sénateur de Lot-et-Garonne ne tarde pas à piaffer d’impatience d’autant que la « Rue de Valois » passe des mains de Maurice Faure, René Billières et Robert Fabre, à celles de JJSS, turbulent député de Lorraine, pas du tout ami de la maçonnerie, mais précurseur, comme Henri Caillavet, de bien des réformes à venir. Participant au programme commun de la gauche, le sénateur voit, avec d’autres, s’effondrer l’espoir de la victoire de François Mitterrand en 1974.

Henri Caillavet scrute l’horizon ; bouché sans doute tant la brume est épaisse et comme, cette année-là, le mandat de sénateur qu’il conquiert – à l’époque de neuf ans – donne du temps au temps, il suffit au chasseur de choisir la bonne fenêtre de tir… et de se rendre utile en servant comme plat de résistance à ses collègues sénateurs le menu des années 1946-56. Il ne cherche pas à s’élever dans la hiérarchie sénatoriale ni dans l’espace réservé aux « dignitaires ». En 1972, Henri Caillavet s’était mesuré, avec succès, à l’audiovisuel public en présidant la commission sur la publicité clandestine. Orateur et montant à la tribune, le plus souvent sans notes, il captait l’auditoire et se frottait les mains lorsque la démonstration avait fait mouche et basculer dans son camp un collègue de la droite ou de l’extrême gauche ! Une fois rapporteur de la loi Veil et de celle sur le divorce par consentement mutuel, en 1974 et 1975, le sénateur change de braquet et accélère ; il fait voter sa propre proposition sur les greffes d’organes, qui devient la loi Caillavet.

LE SEUL BUT DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

Loin des systèmes d’alliance et des luttes de pouvoir le voilà, au Sénat, un vrai législateur, usant, sans ménagement, du pouvoir de contrôle législatif sur le gouvernement ; respecté de tous, du parti communiste au RPR, parce que lui-même respectait les autres et que ses plaidoiries des causes justes avaient pour philosophie – comme il se plaisait à le clamer – que l’on était « intelligent aussi avec la tête des autres » ; respecté de l’administration entière du Sénat et des fonctionnaires qui l’ont assisté et conseillé, il poussait davantage l’esprit de réforme dans le seul but humaniste et républicain de l’intérêt général.

Comme si l’avocat s’imposait une « obligation de résultat », ses combats devaient réussir… et ils réussirent sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, puis sous celui de François Mitterrand : de la lutte contre la fouille des véhicules et de son succès au Conseil constitutionnel, de sa proposition d’un tribunal de l’informatique, de ses propositions de réformes constitutionnelles, de celle, en 1980, de la« proportionnelle municipale majoritaire », de l’enquête sur le « fichier des juifs », ou de la guérilla sans répit sur les atteintes aux libertés publiques ou à celles confisquant l’expression libre sur les ondes ; bataillant avec succès et faisant reculer le pouvoir pour défendre les radios locales, la télévision future câblée, les fonds de création télévisuelle, la transparence et le pluralisme de la presse, le droit des automobilistes. Et surtout, avant tout le monde – et parfois face à une gauche timorée, conservatrice – ses propositions de loi très médiatisées, courageuses à l’époque, faisant l’objet pour certaines d’entre-elles de débats sans vote (!) : la réforme de l’internement psychiatrique, l’insémination artificielle, la dépénalisation de l’homosexualité, le droit de vivre sa mort (avec son collègue Jean Mézard, le père de l’actuel président du groupe RDSE).

Le législateur vrai, authentique, aidé bien évidemment par ses convictions philosophiques humanistes (33e au Grand Orient) et de libre penseur était avant tout généreux, rigoureux avec lui-même ; sa force de vie pour les autres était au Parlement, et lorsque la rumeur courut qu’il pouvait devenir un ministre d’ouverture de Valéry Giscard d’Estaing, ceux qui travaillaient à ses côtés ou d’illustres collègues sénateurs de tous bords, peuvent témoigner encore que ses convictions étaient à gauche.
Le républicain réformateur de la société avait néanmoins ses contradictions métaphysiques. Devenu Européen convaincu jusqu’à aller sur la liste de Simone Veil aux élections européennes de 1979, le réalisme politique l’avait-il emporté sur son vote du 9 juillet 1957 contre la ratification du traité de Rome ? En contradiction encore et cette fois avec l’humanisme des loges, pourquoi n’avait-il pas accompagné Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort ?

Henri Caillavet a eu, au Sénat, un appui essentiel : celui de son président, Alain Poher, accordant à l’institution, à la fin des années 1970, un nouveau périmètre d’investigation et d’initiative législative, celui de la défense des libertés, associée à l’épanouissement de libertés et de solidarités nouvelles.
Mais le suffrage universel même indirect est sévère avec l’idée de progrès, de transformation de la société. Quittant la tribune en septembre 1983, Henri Caillavet, qui avait siégé à la CNIL, prolongea sa participation à la vie publique quelques années encore au sein d’une autre autorité administrative indépendante, le Comité national d’éthique, puis se consacra à l’association du droit de mourir dans la dignité, dont il fut le créateur, et poursuivait sa quête philosophique vers le bien absolu, sans ordres prêcheurs… Une liberté précieuse, elle aussi gagnée de la « force de l’esprit ».

Source : Monsieur Jean-Michel BAYLET http://www.jeanmichelbaylet.fr

Au revoir M. Hessel…

Hessel : l’homme indigné

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En apprenant hier matin la mort de Stéphane Hessel, qui s’est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 95 ans, chacun d’entre nous s’est remémoré la voix si particulière de cet éternel jeune home au parcours exceptionnel.Une voix claire et distincte, qui combinait tout à la fois la douceur et la force, traduisant mieux que n’importe quel artifice et le caractère et la détermination de cet homme qui a véritablement épousé son siècle et, parfois, l’aura même débordé.Au point d’en devenir la conscience universelle et un passeur de mémoire hors pair, dont le succès de son livre «Indignez-vous!» en a porté le témoignage aussi éclatant qu’imprévisible.

Aux racines de cet engagement jamais démenti contre toutes les injustices se trouve sans nul doute la double culture que portait en lui Stéphane Hessel, né Allemand le 20 octobre 1917 à Berlin, et devenu Français à l’âge de vingt ans.Dès son enfance passée à Berlin, le jeune Stéphane baigne dans un environnement bourgeois aisé.Et lorsque la famille s’installe à Paris en 1925, Stéphane Hessel croise Marcel Duchamp, Man Ray, Le Corbusier, Brancusi ou André Breton.

L’esprit de résistance

Son père Franz, allemand d’origine polonaise juive, est essayiste et traducteur.Sa mère, Helen Grund, est la fille cadette d’un banquier.Un couple érudit, libre et anticonformiste dont l’histoire inspirera le roman autobiographique d’Henri-Pierre Roché; ce Jules et Jim porté à l’écran par François Truffaut.Ces amours doubles qu’il vécut enfant, forgeront chez Stéphane Hessel un rapport au monde et aux autres.«Moi, dans ma vie, j’ai davantage aimé aimer que d’être aimé», concédait-il récemment.

Dans cet environnement exceptionnel, Stéphane Hessel poursuit de brillantes études qui le mèneront de Paris à Londres, puis de la London School of Economics à l’école normale supérieure de la rue d’Ulm.

Mais Stéphane Hessel va se retrouver happé par l’Histoire et les tragédies de la seconde Guerre mondiale.Mobilisé en 1939, il assiste à la débâcle, est fait prisonnier, s’évade.Puis c’est l’engagement auprès de De Gaulle à Londres en 1941 dans une Résistance active qui le conduira en mission en France trois ans plus tard.Capturé, Stéphane Hessel va alors connaître dans sa chair l’horreur des camps à Buchenwald.Son courage, combiné à des circonstances exceptionnelles, le verront sortir vivant de cet enfer.Le 8 mai 1945, le voilà à Paris avec la conviction chevillée au corps de mettre son savoir et son expérience au service de la paix. Pendant les quarante années qui vont suivre, Stéphane Hessel sera un infatigable et discret diplomate, notamment à l’ONU où il sera l’un des architectes de la Charte universelle des droits de l’Homme.Que ce soit ensuite dans l’équipe de Pierre Mendès-France dans les années 50; dans le fauteuil de l’ONU à Genève en 1977; au Haut conseil à l’intégration en 1981; dans ses nombreuses missions en Afrique ou en Asie, Stéphane Hessel a toujours porté haut les couleurs d’un véritable humanisme européen.Et d’une nécessaire laïcité dont la défense lui permettra de recevoir des mains de Jean-Michel Baylet le prix Jean-Zay en 2008.

Défenseur des droits de l’Homme

À l’heure ou d’aucuns prennent leur retraite, Stéphane Hessel, infatigable défenseur des droits de l’Homme, se mobilise sans cesse, apporte son soutien – controversé – à la cause palestinienne, aux immigrés sans-papiers, comme aux faucheurs volontaires de José Bové sur un Larzac qu’il connaissait depuis vingt ans; et plus récemment aux opposants syriens.

Au crépuscule de sa vie, le destin rajouta à la vie exceptionnelle de Stéphane Hessel, la notoriété d’«Indignez-vous!», tiré à 5 millions d’exemplaires, traduit dans 35 pays.Une célébrité mondiale inattendue – et «terrible» disait ce grand modeste – qui laisse en héritage aux générations qui viennent le message que tout est possible pour qui s’engage.

Source : Le Petit Bleu

Un label IGP pour la porcelaine de Limoges

La ministre Sylvia Pinel, en charge de l’artisanat, du commerce et du tourisme  a présenté ce  vendredi matin son plan de défense des productions régionales. Il s’agit d’un plan imposant de traçabilité et de géolocalisation, en pleine crise de la viande de cheval, pour redonner confiance aux consommateurs et imposer une  Identification Géographique Protégée -IGP- pour les produits non alimentaires, c’est-à-dire pour les produis manufacturés.

Cette décision a été prise sous la pression de la commune de Laguiole dont le nom a été « usurpé », cette affaire ayant révélé le manque de protection juridique de ses produits.

En effet si le vin ou le fromage bénéficient déjà de ce signe d’identification européen qui  les protège dans toute l’union européenne, la dentelle de Calais, les poteries d’Anduze, le savon de Marseille, le Granit de Bretagne ou la Porcelaine de Limoges ne le sont pas.

Cet IGP devrait être soutenu par l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle)

                                                                       Monique Boulestin

                                                                       Présidente du PRG 87

                                                                       Secrétaire Nationale à l’Europe