François Hollande tient fermement la barre du vaisseau « France ».

C’était, hier soir, un discours de fermeté attendu par les radicaux de gauche

Monique BOULESTIN

 

Le Chef de l’Etat a tenu ce soir un courageux langage de vérité aux Français et il a montré sa détermination à redresser la France.

Au pouvoir depuis seulement 10 mois, le Président de la République a rappelé que ses priorités restent la croissance et l’emploi et qu’il est décidé à activer tous les leviers dont il dispose pour sortir le pays de la crise

Les Radicaux de gauche se félicitent du signal de confiance adressé aux chefs d’entreprises en soulignant les mesures importantes déjà adoptées pour la compétitivité et le pouvoir d’achat.

L’engagement du Président affirmant qu’il n’y aura pas d’autres augmentations d’impôts en 2014 est aussi une grande satisfaction, car comme il l’a dit « être dans l’austérité, c’est condamner l’Europe à l’explosion » et encourager la montée des mouvements populistes.

Jean-Michel BAYLET – Président du Parti radical de gauche.

Source : http://www.jeanmichelbaylet.fr

Publicités

Les mises en garde de Gérard Collomb à François Hollande

C’est une vision politique claire et …assumée par Gérard Collomb

Monique BOULESTIN

 

1846649_3_5b83_gerard-collomb-le-maire-de-lyon-a-la-basilque_8b3748c57ca12a661a93142fd954abf6

 

 

 

Sur la longue table en verre fumé autour de laquelle il reçoit dans son bureau de l’hôtel de ville de Lyon, Gérard Collomb a posé un unique ouvrage à la couverture rouge pétant sur laquelle est écrit en lettres blanches Et si la France s’éveillait… (éditions Plon). L’élu socialiste a publié ce livre en mars 2011, un peu plus d’un an avant la présidentielle qui a vu la victoire de François Hollande.

Régulièrement au cours de l’entretien, dans cette grande salle couverte de boiseries sombres et tendue de soieries lyonnaises, il feuillettera le livre en s’exclamant, lui qui est si peu apte aux effusions : « Mais il y avait tout dedans ! » Tout ? Le maire de Lyon défend le socialisme de l’offre, les réformes de structure, l’adaptation à la mondialisation : « Pas par une vision idéalisée de l’entreprise, assure-t-il, mais parce que si on ne stimule pas le goût de l’innovation, on ne s’en sortira pas. »

« UN MINIMUM D’EMPATHIE POUR LES ENTREPRISES »

Au moment où le président de la République, en grande difficulté dans les sondages, a entrepris des déplacements de deux jours en province, comme ce lundi 11 et mardi 12 mars à Dijon, l’édile lance cet avertissement : « On ne relancera pas l’économie sans un minimum d’empathie pour les entreprises. » Depuis neuf mois, il observe François Hollande s’emparer des problèmes de compétitivité « à la façon hollandaise », c’est-à-dire trop prudemment à ses yeux.

« On aurait pu assumer plus tôt », déplore-t-il en excusant à moitié le chef de l’Etat, « qui a dû partir de ce qu’était la vulgate socialiste pour atterrir en urgence ». Dès qu’une mesure lui déplaît, il lance un coup de griffe, quitte à ajouter à la cacophonie ambiante. L’impôt à 75 % ? « Une connerie » qu’il serait « judicieux » d’oublier, dit-il en rapportant ce qu’il voit dans sa ville : « Les grands groupes ne se plaignent pas, mais je crains que certains ne fassent des arbitrages d’investissement défavorables à notre pays. » La flexibilité ? « Si le principal défi est la modernisation de nos entreprises, je ne comprends pas pourquoi cette expression est toujours considérée comme un gros mot à gauche. » Tout est à l’avenant.

HOLLANDE DOIT TENIR UN « LANGAGE CLAIR »

Dans les propos de l’élu socialiste, il n’y a pas d’animosité à l’égard du pouvoir central, juste une forme d’incompréhension. « Objectivement, concède-t-il, la période est très difficile. Nous sommes en train de changer de monde et cela entraîne des réflexes de repli. » Mais là où il rêverait d’un François Hollande sûr de son cap, parlant « un langage clair », il voit un capitaine louvoyer au risque de se retrouver « paralysé » par « la gestion des contradictions de la gauche ».

La doxa officielle sur la croissance qui serait, selon le président de la République, une affaire de cycles, ne le convainc pas : « Avant la guerre de 14-18, la Grande-Bretagne était au cœur du développement. Après, elle a été détrônée par les Etats-Unis. Aujourd’hui, l’Europe peut très bien sortir de l’histoire », affirme-t-il. L’activisme du ministre du redressement productif le laisse de marbre, enfin, pas tout à fait : « Arnaud Montebourg serait parfait avec ses qualités mais sans ses défauts. Il faudrait qu’il admette que nous sommes dans un monde ouvert », soupire-t-il. Pour lui, le ministère qui devrait être « figure de proue » dans la période actuelle est celui de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mais qui connaît Geneviève Fioraso ?

LE POIDS DES MAIRES DE GRANDES VILLES

On pourrait facilement se méprendre sur Gérard Collomb, cataloguer cet élu de 66 ans, maire de Lyon, président du Grand Lyon, sénateur du Rhône, comme un pur produit local qui se protégerait de l’impopularité nationale en faisant entendre sa musique personnelle. Après tout, il briguera en mars 2014 un troisième mandat à la tête de la troisième ville de France sans que l’opposition ait jusqu’à présent trouvé prise pour l’en détrôner.

Le maire sortant raconte comment il a construit un récit qu’il estime en phase avec les attentes locales : « Lyon a vécu au milieu des années 1970 la fin du textile et de la métallurgie. On aurait pu se lamenter. On a préféré décrire comment elle allait se reconstruire dans les métiers d’avenir. » Il a trouvé des ressorts d’action dans la double culture lyonnaise : « L’une laïque, inspirée du socialisme proudhonien, qui n’attend pas tout de l’État, l’autre social chrétienne, qui a accouché d’un patronat aux valeurs humanistes. » Et à chaque fin de mandat, il « accélère ».

Lyon, c’est Lyon, et pourtant, les prescriptions du Dr Collomb trouvent un écho favorable chez d’autres élus socialistes de grandes villes, comme François Rebsamen, le maire de Dijon. Car eux aussi s’inquiètent du discours ambiant, du message défensif qui consisterait en économie à tout vouloir sauver, y compris ce qui ne marche plus. Ils verraient d’un bon œil une audace un peu plus marquée du chef de l’Etat en direction du socialisme de l’offre.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel mouvement venu du bas se produit. Sur les questions de sécurité, la pression des maires a été essentielle pour faire évoluer la doctrine socialiste. Cette fois, c’est sur l’économie et le social qu’elle s’intensifie. « Normal, assure Gérard Collomb. Je ne connais pas un maire qui n’aime pas l’entreprise et quand vous administrez une grande ville, la réalité d’un monde globalisé saute aux yeux. »

Pour expliquer la différence de perception entre le local et le national, l’élu précise : « Les entreprises qui viennent s’implanter ici sont intéressées par le savoir-faire lyonnais. Elles ne disent pas ‘on vient en France’ mais ‘on vient à Lyon’. Les Etats-nations ont un peu perdu de leur pouvoir par le haut et par le bas, c’est peut être aussi ce qui explique la difficulté à construire un discours national. »

AYRAULT « COMPREND BIEN » LA PROBLÉMATIQUE

Le maire de Lyon reconnaît qu’il n’a pas eu l’occasion d’échanger en privé avec François Hollande depuis que ce dernier a été élu président. Il a en revanche discuté plusieurs fois en tête à tête avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L’ancien maire de Nantes « comprend bien la problématique » qu’il développe, assure M. Collomb, mais évoluer à cru, en pleine crise, n’est pas des plus faciles. L’actuel maire de Lyon, qui a participé au début des années 1990 à la création de la fondation Jean-Jaurès aux côtés de Pierre Mauroy, déplore « le vide intellectuel » du PS et « les jeux de parti ». « Je n’ai jamais retrouvé au sein du parti la qualité des débats qui prévalaient à Epinay lors de sa fondation », déplore-t-il.

Mais après tout qu’importe ! C’est par les territoires que la France évoluera, il en est persuadé. Lorsqu’on évoque devant lui la cure de rigueur imposée par le gouvernement aux collectivités locales, la grimace escomptée ne vient pas. Au contraire, ses yeux brillent, il presse sa collaboratrice d’aller chercher des cartes« si , si, vous savez bien, celles de la Datar qui disent tout. » Et se prend à réaménager le territoire : « Ici une grande transversale à dominante rurale qui va de l’est de la France au Massif central. Il ne faut surtout pas y supprimer le département et renforcer au contraire ses pouvoirs. Là, 150 villes petites et moyennes qui structurent le territoire, il faut évidemment les renforcer. Plus loin… » Il est à son affaire. On ne l’arrêtera plus.

Françoise Fressoz

Source : Le Monde

A Bruxelles, François Hollande insiste sur l’agriculture et la croissance.

F-HOLLANDE

Cliquez sur l’image pour visualiser l’interview du Président.

A son arrivée ausommet européen de Bruxelles (Belgique) jeudi 7 février, François Hollande a donné ses priorités aux journalistes qui l’attendaient : la croissance, les politiques communes, les politiques de solidarité et la politique agricole. « La France est toujours consciente qu’il faut faire des économies mais, en même temps, il ne faut pas affaiblir l’économie », a réaffirmé le président français.

François Hollande a prévenu que si le compromis pour le budget 2014-2020 de l’Union européenne devait conduire à « oublier l’agriculture et ignorer la croissance », il ne serait « pas d’accord ». « Moi, je viens pour chercher un accord. Faut-il encore qu’il soit possible. S’il y en a qui ne sont pas raisonnables, je ferai en sorte de les raisonner, mais jusqu’à un certain point », a-t-il averti. « Si l’Europe devait, pour chercher un compromis à toute force, abandonner ses politiques communes, oublier l’agriculture et ignorer la croissance, je ne serais pas d’accord », a-t-il ajouté.

Avant de s’engouffrer dans le bâtiment de la Commission, François Hollande a lancé aux journalistes qu’il voulait « mettre un peu plus de clarté dans les chèques, rabais et autres ristournes qui sont données à certains et pas à d’autres notamment pas à la France ».

Francetv info